Exposition sur le Saint-Suaire pour le temps du Carême

Du 06 mars 2019 au 14 avril 2019

  • A partir du 7 mars exposition sur le linceul de Turin au Centre Saint Jean-Paul II du 6 mars au 14 avril – Entrée libre de 9h à 17h30

Jésus a soif des âmes qu’il est venu sauver par amour. Offrons-lui les nôtres et disons-lui avec sainte Thérèse : « Fais que je te Ressemble Jésus !… » Dans la joie de ce temps, avec sainte Thérèse et ses saints parents, Bon Carême !…Père Olivier Ruffray, Recteur du Sanctuaire

Spiritualité de la réparation à Paris et Tours, à Rome

(Extraits dossier « Approfondir » Thérèse de Lisieux mars n°1007 disponible dans tout nos lieux d’accueil ou en appelant le 02 31 48 55 03)

À Paris, la révolution de 1848, avec sa forte dimension antireligieuse (Mgr Affre meurt en s’interposant sur les barricades de la Commune) provoque une division de la société et une réaction dans les milieux catholiques : Dieu « punit l’Église ». Il faut « une réparation ».
La même année, le Pape ne peut rester à Rome et part en exil près de Naples : les catholiques prient le Christ souffrant et s’offrent pour l’Église attaquée de toute part.
En cas de grand péril, à Rome, d’abord à Saint-Jean de Latran puis ensuite à la Basilique Saint-Pierre, on présentait au peuple les reliques « majeures » : la Sainte Croix, la Lance, la Croix de saint André et le Voile dit de Véronique, celui qui a reçu la marque tuméfiée de Jésus, comme le rappelle la Sixième Station
du Chemin-de-Croix. La tradition assure que ce voile est vénéré depuis l’Antiquité en Orient puis à Rome, depuis le Pape Jean VII en l’an 707. Sa célébrité s’est accrue pendant des siècles, Dante et même Montaigne en ont parlé. C’est la prière authentique et continue devant la relique depuis des siècles qui fait sa réputation, même si de multiples « originaux » provoquent la même ferveur en Orient comme en Occident. Ainsi, la Sainte Face de Tours et la dévotion qu’elle suscite, les grâces qu’elle obtient, ont soutenu le grand renouveau spirituel de l’époque des Martin.
À l’occasion de la grande prière pour le Pape et l’Église en danger à l’Épiphanie 1849, la Face du Christ se dessine momentanément sur le Voile de Véronique. Elle est aussitôt copiée au fusain et la gravure qui en sera faite sera largement diffusée.

La diffusion se fait en particulier à Tours, où une carmélite, Sœur Marie de Saint-Pierre, quelques années plus tôt, avait demandé de « réparer les outrances et les blasphèmes qui ont dégradé
et défigurent encore la face du Seigneur ». Léon Papin-Dupont le « saint homme de Tours », expose l’image de la Sainte Face chez lui avec un grand succès. Pour lui, c’est Jésus qui s’offre lui même en sacrifice comme à la messe. Léon lance les Adorateurs qui prient aussi devant le Saint-Sacrement exposé pour mieux
vivre la charité le jour.
La famille Martin sera pétrie de cette spiritualité de contemplation de la douleur du Christ souffrant pour le pardon des péchés ; particulièrement après le décès de Zélie et l’aménagement à Lisieux, quand Louis inscrira toute la famille à la confrérie en 1885.

Au Carmel où l’image est particulièrement vénérée, les filles Martin retrouveront la Sainte-Face de Tours. Thérèse la peindra sur une chasuble de prêtre en référence à la souffrance et l’offrande de son père malade. Dans une lettre de juillet 1890, elle confiera à Céline cette oraison tirée du chapitre 53 d’Isaïe :
« il est sans éclat, sans beauté… Son visage était comme caché
et nous ne l’avons pas reconnu… » Et à la fin de sa vie, se référant
à ces paroles, elle dira qu’elles « ont fait tout le fond de ma
dévotion à la Sainte-Face, ou pour mieux dire le fond de toute
ma vie. Moi aussi je désirais être sans éclat, sans beauté, inconnue
à toutes créature ». (DE 5/08-9)

A Paris, c’est l’époque du Vœu National voté au parlement, pour permettre de construire l’église du Sacré-Cœur de Jésus en réparation aux outrances du siècle.
Mais Thérèse ne se reconnaît pas vraiment dans la prière au Sacré-cœur, pour elle c’est l’union mystique à l’Amour de Jésus qui est importante. Elle confie à Céline : « Je ne vois pas le Sacré-Cœur comme tout le monde ». Ce qui lui importe c’est de « sommeiller sur son cœur, tout près de son visage » (PN 32,4)

Thérèse prie devant la Sainte Face et déjà oriente ses prières vers le cœur de Jésus, non plus seulement pour réparer les offenses et les outrages à la manière du Sacré-Cœur de Montmartre, mais pour aimer Jésus en contemplant sa face dans un cœur à cœur brûlant d’amour pour porter cet amour, par l’Église, à tous les hommes, les pauvres, les malades surtout. « Dans le cœur de l’Église ma mère je serai l’Amour… ainsi je serai tout » (MS B, 2v-3v).

  • Photo du négatif du Suaire de Turin