Dimanche 12 avril 2026
2ème dimanche de Pâques – Année A
Dimanche de la Divine Miséricorde
Homélie du Père Rémy HOUETTE
1ère lecture : Ac 2, 42-47
Psaume : Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24
2ème lecture : 1 P 1, 3-9
Évangile : Jn 20, 19-31
A moi Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour. » écrit Thérèse à sa sœur Marie du Sacré Cœur…
Quelques trente ans après, c’est ce que confirmera Jésus, apparaissant à sœur Faustine : « La miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. »
Jésus lui a demandé avec insistance de faire instituer par l’Église cette fête en l’honneur de la divine miséricorde. Comme autrefois sainte Julienne pour la fête du Corps et du Sang du Christ, Faustine a tout de suite compris que ce serait difficile et elle a cherché à éviter cette mission, mais Jésus a insisté, l’a formée pendant plusieurs années et l’a nommée : « secrétaire de sa miséricorde. »
C’est encore Jésus qui a indiqué à sœur Faustine que cette fête soit placée en ce deuxième dimanche après Pâques. Et cela s’est fait, par la décision de saint Jean Paul II, ancien archevêque de Cracovie, le 30 avril 2000, jour même de la canonisation de sœur Faustine. 5 ans après, le 2 avril 2005, Jean Paul II mourrait la veille du dimanche de la miséricorde. C’était après les vêpres ; cette fête était déjà commencée.
Ce n’est donc pas un hasard mais le choix du Seigneur lui-même si la fête est placée là en ce deuxième dimanche de Pâques dit aussi dimanche de Thomas. Et nous pouvons découvrir dans la liturgie de ce dimanche, pourtant antérieure à cette fête, ce qu’est la miséricorde divine.
Dans l’évangile, nous trouvons des dons qu’apporte le ressuscité : d’abord : la paix. « La paix soit avec vous ». Ce sont les premiers mots de Jésus ressuscité aux onze, un don immense et qui comprend tous les autres… Puis nous voyons qu’avec ce don vient la joie, puis l’Esprit Saint, puis le pardon des péchés, puis est confiée la mission, enfin il s’agit pour tous ceux qui le voudront, d’avoir la vie, « la vie en son nom »… Les portes closes de nos peurs, de nos enfermements, de nos péchés, n’empêchent pas Jésus de venir jusqu’à nous pour nous offrir ces dons.
Dans la première lecture des Actes des apôtres, nous trouvons : des cœurs habités, tournés vers Dieu dans la prière, partageant leurs repas dans la simplicité, et dans l’allégresse, et jusqu’à la mise en commun de tous les biens… Un signe très fort d’amour et de partage, que nous retrouvons aujourd’hui encore dans l’Église, vécu par les communautés religieuses.
Dans la première lettre de Pierre, la deuxième lecture, il est question d’une vivante espérance pour laquelle Dieu nous a fait renaître dans sa miséricorde… Cette espérance nous promet un héritage dans les cieux, sans corruption, ni souillure, ni flétrissure… Même s’il faut passer « pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ». Nous trouvons une joie inexprimable, être remplis de gloire, le salut des âmes.
Finalement, ces dons qu’on pourrait résumer par des mots : Paix, Pardon, Joie, Prière, Partage, Promesse de vie éternelle, sont d’une telle ampleur, qu’ils font penser à un fleuve immense.
Mais un fleuve a une source. Et, c’est l’autre aspect que dévoile la liturgie de ce jour : la source d’où provient ce fleuve. Remarquez qu’en disant « La paix soit avec vous », tout de suite Jésus montre ses mains et son côté. C’est tellement marquant pour les disciples qu’ils en parlent à Thomas, et nous connaissons sa réaction : il veut voir. Mais la vue peut être sujette à illusion, alors il veut aussi toucher pour être sûr : mettre le doigt dans la marque des clous, mettre la main dans son côté… Et Jésus a entendu et, huit jours après, va vers lui et répond à sa demande : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains, avance ta main, et mets-la dans mon côté… » C’est donc bien ouvert. Voilà la source d’où provient ce fleuve… Cette source est le Cœur transpercé de Jésus. Ézéchiel avait annoncé qu’une source, puis un fleuve, jaillirait du côté droit du temple. Du côté droit au cœur à gauche, c’est la voie qu’a ouvert le coup de lance du soldat.
C’est ce que dit la prière d’ouverture de ce jour. Elle demande au « Dieu d’éternelle miséricorde » que nous comprenions vraiment : « quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître et quel
sang nous a rachetés ». Voilà la source que dévoile la liturgie de ce jour. Il s’agit d’une eau qui purifie, celle du baptême, il s’agit de renaître de l’Esprit Saint comme d’entrailles maternelles (origine du mot miséricorde en hébreu), il s’agit d’un sang qui rachète, celui du Christ.
Souvenons-nous de la petite Thérèse qui, après sa grâce de Noël, lors d’une messe du dimanche à la cathédrale de Lisieux, est touchée par une image de Jésus en croix. « J’éprouvai une grande peine en pensant que ce sang puisse tomber à terre sans que personne ne s’empresse de le recueillir et je résolus de me tenir en esprit au pied de la croix pour recevoir la rosée divine qui en découlait comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes… » Et c’est à cette source qu’elle va confier le criminel Pranzini pour lequel, elle et Céline, prieront avec tant de confiance. Elle verra un signe très fort dans le fait que Pranzini avant de mourir a embrassé les plaies du crucifix. Il est donc aller boire à cette source…
Pour accéder à cette source, être plongés dans ce fleuve, il faut croire. C’est ce que dit Jésus à Thomas : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. » A Faustine, Jésus dit : « Je veux que l’on honore ma miséricorde. »
Il faut aller jusqu’à la confiance et l’abandon du petit enfant. Thérèse insiste avec force quand elle répond au Père Roulland qui doute de son salut immédiat, s’il mourrait assassiné et non pas martyr. Elle lui écrit : « Ma voie est toute de confiance et d’amour. Je ne comprends pas les âmes qui ont peur d’un si tendre ami. »
Thérèse en témoigne car elle l’a vécu elle-même. Elle a compris que depuis le début jusqu’à la fin de sa vie, elle a bénéficié des miséricordes du Seigneur et c’est ce qu’elle souhaite raconter pour en témoigner. Elle commence son premier manuscrit autobiographique (histoire d’une âme) en écrivant : « je ne vais faire qu’une chose : Commencer à chanter ce que je vais redire éternellement – « Les miséricordes du Seigneur !!! »… Et elle termine le troisième manuscrit ainsi : « Ce n’est pas parce que le Bon Dieu, dans sa prévenante miséricorde a préservé mon âme du péché mortel que je m’élève à lui par la confiance et l’amour. »
Les prières enseignées par Jésus à Faustine, disent cette réalité de façon brève : « Jésus j’ai confiance en toi. »
« Ô sang et eau qui avez jailli du Cœur de Jésus comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous. »
Et dans le chapelet à la miséricorde : il s’agit d’offrir au Père son Fils, en tant qu’il s’est donné pour nous par sa mort sur la croix et par avance dans l’eucharistie : « Père éternel, je t’offre le corps et le sang, l’âme et la divinité de ton Fils bien-aimé notre Seigneur Jésus Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier. » C’est pourquoi Jésus indique à Faustine encore : « le tabernacle est le trône de ma miséricorde. »
Et encore cette prière qui fait le lien entre passion et miséricorde : « par sa douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. »
Chers frères et sœurs, Jésus vient à nous aussi dans cette liturgie : ouvrons-nous, croyons. Il y a cette parole qui nous est dite aussi à nous « la paix soit avec vous » et, soyons-en convaincus, à travers nous cette paix est offerte aussi au monde entier. Ouvrons-nous à Jésus et venons à lui dans son Eucharistie.
Amen.
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