Dimanche 29 mars 2026
Dimanche des Rameaux– Année C
Homélie du Père Emmanuel Schwab
Procession des Rameaux
Matthieu 21, 1-11
Aujourd’hui, Jésus veut entrer à Jérusalem et il veut y entrer en Roi de paix. L’âne est la monture royale en temps de paix ; le cheval, c’est la monture de guerre. Sainte Thérèse cherche tout au long de sa vie à répondre à l’action de Dieu. Mais pour cela, elle commence toujours par essayer de comprendre ce que fait Dieu, ce que fait Jésus. Et c’est l’action du Seigneur qui déclenche chez elle sa réponse.
Aujourd’hui, nous contemplons cette volonté de Jésus d’entrer à Jérusalem. Mais à travers cette entrée à Jérusalem, c’est l’entrée dans chaque ville du monde, c’est l’entrée à Lisieux, mais plus encore, c’est l’entrée dans chacune de nos familles, dans chacune de nos entreprises, dans chacune de nos écoles. Et plus encore, c’est l’entrée de Jésus dans chacun de nos cœurs.
Dans son admirable lettre à sa cousine Marie à propos de l’Eucharistie (LT 92), Thérèse lui dira combien Jésus est brûlant d’amour et qu’il veut entrer dans son cœur. Le Seigneur veut venir faire en nous sa demeure et avec lui, le Père et l’Esprit-Saint.
Mais l’Évangile que nous venons d’entendre nous donne un détail intéressant. On nous dit que lorsqu’il entre dans la ville, la ville est en émoi : comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation.
Quand on va regarder le verbe grec, c’est le verbe qui va donner en français le mot “séisme” ; à tel point qu’une dominicaine, Sœur Jeanne d’Arc, dans sa traduction de l’évangile, ne craint pas d’inventer un mot et dit : la ville fut “séismée” (ἐσείσθη πᾶσα ἡ πόλις). Lorsque Jésus entre dans un cœur, le cœur est “séismé”.
Le signe que Jésus entre vraiment dans nos vies, c’est que nos vies en sont bouleversées. Et c’est pour cela que parfois nous craignons qu’il entre. Mais c’est un Roi de paix qui vient pour nous établir dans la paix. Et si le Seigneur Jésus, lorsqu’il entre, remet de l’ordre dans nos vies, c’est pour notre paix : une paix qui nous permettra d’aimer davantage, d’espérer sans crainte et de contempler ce Royaume vers lequel nous marchons et vers lequel Jésus nous entraîne à sa suite.
Aussi frères et sœurs bien aimés, imitons les foules de Jérusalem heureuses d’acclamer Jésus et avançons dans la paix.
Amen.
1ère lecture : Isaïe 50,4-7
Psaume : 21 (22),8-9,17-18a,19-20,22c-24a
2ème lecture : Philippiens 2,6-11
Évangile : Matthieu 26,14 – 27,66
Messe de la Passion
Depuis le chapitre 3 de la Genèse jusqu’à ce jour, l’humanité a trouvé comme solution pour beaucoup de problèmes de donner la mort.
Devant son frère Abel, dont l’offrande semble mieux agréée que la sienne, Caïn tue son frère.
Devant le serviteur du grand prêtre qui est en train d’arrêter Jésus, Pierre dégaine son épée et ne fait que trancher l’oreille du serviteur, seulement parce que celui-ci a esquivé le coup destiné à lui fendre le crâne en deux… Simon-Pierre avait décidé de le tuer…
Un enfant pointe le bout de son nez dans le ventre de la maman, plus de 220 000 en France sont tués…
Les vieillards dépendants sont un poids pour la société, on va voter une loi pour pouvoir les faire mourir tranquillement.
On n’est pas content de son voisin, on le tue.
On n’est pas content du pays voisin, on entre en guerre.
Et on pourrait continuer la liste indéfiniment…
Et si nous examinons notre propre cœur, nous voyons que cette volonté de meurtre habite nos cœurs ; et que parfois, symboliquement par la parole, nous avons des paroles plus que blessantes. Mais nous le savons bien, faire mourir ne résout rien. Dieu est créateur, Dieu est source de vie, et il ne sait que donner la vie. « C’est par l’envie du diable, dit le Livre de la Sagesse (2,24) que la mort est entrée dans le monde ». Et « Dieu ne se réjouit pas de la mort du pécheur, mais il veut qu’il se convertisse et qu’il vive » (Cf. Ez 18,32). Mais cette mort humaine qui fait tant souffrir notre humanité, Dieu va l’accepter en y entrant lui-même. C’est la suite du grand mystère de l’Incarnation ; on pourrait dire que Noël est en vue de Pâques. Dieu se fait homme pour pouvoir mourir de la mort humaine, pour pouvoir entrer dans la mort humaine et la faire comme “éclater de l’intérieur”. C’est le grand mystère du Samedi Saint que nous célébrerons en fin de semaine.
Dieu accueille en lui-même cette mort, conséquence du péché, pour nous en sauver. Et ce que nous sommes appelés à vivre dans cette grande Semaine Sainte, à travers la liturgie de chaque jour, c’est de suivre Jésus comme pas à pas pour contempler ce Roi de paix qui s’avance dans une assurance intérieure, qui portera l’angoisse humaine devant le péché et devant la mort, et qui entrera dans ce grand mystère pour ressusciter au matin de Pâques. Mais pour être vainqueur de la mort, il faut qu’il y entre. Et la victoire de Dieu se joue dans la personne de Jésus.
Lorsque Thérèse contemple la Passion du Christ, elle aime contempler la Sainte Face de Jésus, cette Sainte Face qui a été diffusée à partir de Tours dans le XIXème siècle, qui représente Jésus les yeux baissés, avec des larmes au bord des paupières. Et Thérèse contemple ce regard baissé et ces larmes qui coulent… Lorsque nous avons conscience d’avoir péché, parfois gravement, lorsque nous avons conscience d’avoir péché et que la culpabilité nous fait craindre Dieu, nous fait craindre le jugement de Dieu, il nous faut revenir à ce visage qui ferme les yeux sur nos péchés… Non pas pour en être complice, mais pour ne pas nous limiter, nous enfermer dans nos péchés. Et les larmes qui coulent des yeux de Jésus, ce sont les larmes de sa miséricorde. Oui, le Seigneur Jésus souffre de mes péchés. Oui, le Seigneur Jésus m’aime plus que je ne l’aime. Oui, le Seigneur Jésus est venu pour moi, rien que pour moi.
Et quand je comprends cela, je comprends alors qu’il est venu pour tous, et mon regard change sur mes voisins car chacun de ceux que je croise, c’est “celui” pour qui Jésus est venu livrer sa vie, c’est “celui” sur qui Jésus pleure, c’est “celui” à qui Jésus veut dire « mon ami » comme il le dit à Juda qui vient le livrer. Et ce n’est pas une expression, c’est la vérité de son cœur : mon ami.
Alors dans cette grande Semaine Sainte, surtout si depuis longtemps vous n’êtes pas allé trouver le prêtre pour dire la vérité de vos péchés, comme vous le pouvez, sans chercher à faire de belles phrases mais en disant la réalité de votre vie, s’il y a longtemps que vous n’êtes pas venu trouver le prêtre pour éprouver la miséricorde de Dieu et entendre sur votre propre vie, sur vos propres péchés :
« Et moi, je te pardonne tout tes péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. », je vous en supplie… Venez recevoir la miséricorde de Dieu.
Jésus a livré sa vie pour que tu vives, pas pour que tu meures de tes péchés.
Amen.
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