Sainte Thérèse vit un amour filial avec la Vierge Marie dont elle dit : « Elle est plus Mère que Reine. » Pour faire plaisir à ses sœurs, Thérèse compose 54 poésies. 7 sont dédiées à la Vierge Marie dont la première et la dernière enchâssent ainsi « sous le manteau de la plus miséricordieuse des Mères » (LT 129), toute son œuvre où transparaît la théologie mariale du plus jeune Docteur de l’Église.

De même que « La rosée divine ou le Lait virginal de Marie » (PN 1) nourrit l’Enfant-Jésus, de même la Vierge Marie nourrit en nous la présence de Jésus, favorise l’esprit d’enfance et enracine notre réponse à l’appel de Dieu à vivre de Lui. 

Pour sœur Marthe, orpheline, Thérèse compose le « Chant de reconnaissance à Notre-Dame du Mont-Carmel » (PN 7). Marie se fait protectrice : « Aux premiers instants de ma vie/Vous m’avez prise entre vos bras. » Elle veille sur la jeune orpheline de mère, lui révèle sa vocation : « Près de vous, j’ai trouvé le repos du cœur. »

La Vierge Marie permet de trouver refuge sous son manteau où se croisent le berceau de Jésus et la Croix de sa Face douloureuse. En un diptyque, « Il est enfin passé le temps des larmes » (PN 11) et « C’est près de vous, Vierge Marie » (PN 12), sœur Thérèse encourage à l’approche de Noël, pour son deuxième essai au Carmel, sœur Marie de la Trinité.

Peu de temps après son entrée au Carmel, Thérèse soutient Céline, débordée par le travail. Ici, « La Reine du Ciel à son enfant bien-aimé » (PN 13) quémande l’esprit d’enfance pour res­sembler à Jésus : « Je cherche une enfant qui ressemble/À Jésus mon unique agneau/Afin de les garder ensemble/Tous deux en un même berceau ». Invitation à la petitesse, à la simplicité, à aimer…

Marie sert la Mission de son Fils. Elle soutient les mission­naires d’action : l’abbé Roulland, destinataire de l’Ode « À Notre-Dame-des-Victoires, Reine des Vierges, des Apôtres et des Martyrs » (PN 35). Comme elle soutient les missionnaires qui le sont par la prière et le sacrifice : Thérèse qui signe « La petite sœur d’un missionnaire ».Marie porte secours dans la détresse comme elle rassure l’Enfant-Jésus, effrayé par les instruments de la passion. « À Notre-Dame du Perpétuel Secours » (PN 35) : « Ta douce image, c’est mon perpétuel secours ».

Dans sa dernière poésie, « Pourquoi je t’aime, ô Marie », Thérèse livre son testament spirituel. Marie apparaît dans l’économie du Salut. De la même façon que « Marie méditait tous ces événements dans son cœur » (Luc 2,51), Marie, Mère de Dieu fait homme, par l’Incarnation de son Fils ressuscité d’entre les morts, accompagne, dirige, médite tous les événements de notre vie par son cœur immaculé car elle est Mère de notre Miséricorde.

Bon Mois de Marie !..

Père Olivier Ruffray, Recteur du Sanctuaire, pour le numéro de mai de la Revue Thérèse de Lisieux