Une rose effeuillée

 
Thérèse aux Roses – 1925 – tableau de Céline

Témoignage de sœur Marie du Sacré-Cœur : « Je lisais au réfectoire une vie de St Louis de Gonzague où il est dit qu’un malade qui sollicitait sa guérison, vit une pluie de roses tomber de son lit, comme un symbole de la grâce qui allait lui être accordée. Moi aussi, me dit Thérèse ensuite pendant la récréation, après ma mort, je ferai pleuvoir une pluie de roses » (DE  438)

Thérèse très malade, elle s’identifie à la rose
« Une rose effeuillée »
Cantique, écrit le 19 Mai 1897

  1. Jésus, quand je te vois soutenu par ta Mère
    Quitter ses bras
    Essayer en tremblant sur notre triste terre
    Tes premiers pas
    Devant toi je voudrais effeuiller une rose
    En sa fraîcheur
    Pour que ton petit pied bien doucement repose
    Sur une fleur !….

2.Cette rose effeuillée, c’est la fidèle image
Divin Enfant
Du cœur qui veut pour toi s’immoler sans partage
A chaque instant.
Seigneur, sur tes autels plus d’une fraîche rose
Aime à briller
Elle se donne à toi….. mais je rêve autre chose :
«C’est m’effeuiller!…»

  1. La rose en son éclat peut embellir ta fête
    Aimable Enfant,
    Mais la rose effeuillée, simplement on la jette
    Au gré du vent.
    Une rose effeuillée sans recherche se donne
    Pour n’être plus.
    Comme elle avec bonheur à toi je m’abandonne
    Petit Jésus.
  1. L’on marche sans regret sur des feuilles de rose
    Et ces débris
    Sont un simple ornement que sans art on dispose
    Je l’ai compris.
    Jésus, pour ton amour j’ai prodigué ma vie
    Mon avenir
    Aux regards des mortels rose à jamais flétrie
    Je dois mourir !…

5.Pour toi, je dois mourir, Enfant, Beauté Suprême
Quel heureux sort !
Je veux en m’effeuillant te prouver que je t’aime
O mon Trésor !…
Sous tes pas enfantins, je veux avec mystère

Vivre ici-bas
Et je voudrais encor adoucir au Calvaire
Tes derniers pas !….

19 mai 1897 (PN 51)