Je dors mais mon cœur veille

Noël 1887

Thérèse est rentrée de son Pèlerinage d’un mois en Italie avec son papa et Céline. A cette occasion, elle a  présenté le 20 novembre 1887, sa supplique au Pape Léon XIII pour entrer au Carmel à 15 ans. Elle devra attendre le 1er janvier 1888 pour connaître la réponse favorable de Monseigneur Hugonin, mais les carmélites ne veulent pas que son entrée ait lieu en plein hiver.

Voici ce que Thérèse relate de son attente : « L’après-midi de la radieuse fête passée pour moi dans les larmes, j’allai voir les carmélites ; ma surprise fut bien grande d’apercevoir lorsqu’on ouvrit la grille un ravissant petit Jésus, tenant en sa main une balle sur laquelle était écrit mon nom. Les carmélites, à la place de Jésus, trop petit pour parler, me chantèrent un cantique composé par ma Mère chérie ; chaque parole répandait en mon âme une bien douce consolation, jamais je n’oublierai cette délicatesse du cœur maternel qui toujours me combla des plus exquises tendresses… Après avoir remercié en répandant de douces larmes, je racontai la surprise que ma Céline chérie m’avait faite en revenant de la messe de minuit. J’avais trouvé dans ma chambre, au milieu d’un charmant bassin, un petit navire qui portait le petit Jésus dormant avec une petite balle auprès de Lui, sur la voile blanche Céline avait écrit ces mots : « Je dors mais mon cœur veille » et sur le vaisseau ce seul mot : « Abandon ! »

Ah ! si Jésus ne parlait pas encore à sa petite fiancée, si toujours ses yeux divins restaient fermés, du moins, Il se révélait à elle par le moyen d’âmes comprenant toutes les délicatesses de l’amour de son cœur… »

(Ms A 67v-68r)

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