Une Petite Voie de Croissance Spirituelle avec Zélie et Louis Martin

Par Anne-Marie et Jean-Luc PROFFIT, délégués diocésains à la pastorale des familles du Diocèse de Bayeux-Lisieux

Ce qui nous a d’emblée frappé est la modernité et l’accessibilité de nos Bienheureux, « des gens comme nous », qui ont travaillé pour faire vivre leur famille. Nous oublions parfois que les saints sont des gens ordinaires, ce qui est une belle raison d’Espérance !

Couples, avez-vous le désir de la sainteté ? Zélie et Louis Martin nous montrent que c’est possible car, d’abord, ils y ont cru. Leur devise : « Dieu toujours premier servi  ». À leur époque, être très chrétien supposait d’entrer dans les ordres. Leur secret : l’abandon et la confiance en Dieu, dans une vie très active. Leur nouveauté : la vocation au bonheur du couple dans ce monde et dans l’au-delà.

1. Le couple Zélie et Louis  :

Une vocation au bonheur qui commence difficilement : Zélie est persuadée, lorsqu’elle rencontre Louis sur le pont de Sarthe, que c’est le Seigneur qui l’a choisi pour elle. Ils se marient trois mois après, le 12 juillet 1858. Ils passent vite d’un idéal d’abstinence à la réalité et découvrent, après plusieurs mois, la grandeur de la sexualité. Un amour profond les unit, dont témoignent les lettres de Zélie à Louis. À une époque puritaine, elle livre ses sentiments amoureux et laisse entrevoir un couple tendre, qui a appris à pardonner.

2. La famille Martin

Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants… Ce fut pourtant loin d’un conte de fée : · une famille endeuillée par la perte de 4 enfants. Zélie offre à Dieu son déchirement de mère ; · un quotidien préoccupant avec le caractère difficile de Léonie, qui subit les brimades de leur bonne, Louise ; · des enfants placés en nourrice, avec la peine de la séparation ; · une maison plutôt petite pour tant de monde, où Zélie travaille et reçoit ses ouvrières. Zélie connaît les aléas du marché du travail : le manque de commandes ou le trop-plein qui l’oblige à veiller tard. La famille accueille aussi le grand-père âgé, jusqu’à la fin de sa vie. Elle connaîtra la maladie irréversible de Zélie. Malgré cela, les Martin forment une famille joyeuse où il y a beaucoup de tendresse ; photos des filles sur les genoux de leurs parents. La prière en famille tient une place importante, aux repas et le soir. Messe quotidienne tôt le matin, adoration nocturne pour Louis. Dieu fait partie de la famille : on se réfère souvent à lui dans la journée.

3. Les Martin et leur engagement social… parfois à contre-courant

La question du travail du dimanche se posait déjà pour Louis : il refuse d’ouvrir son magasin d’horlogerie le dimanche, pourtant jour de marché et de négoce, mais qui, selon Zélie, ne doit pas concurrencer la pratique religieuse. Zélie se préoccupe des personnes les plus pauvres, de ses ouvrières et de leur famille. Tous deux sont d’une grande charité et donnent de leur personne. Louis est engagé dans le Cercle Vital Romet, puis dans les Cercles Ouvriers et les Conférences St Vincent de Paul.

Pastorale des familles : Anne-Marie et Jean-Luc Proffit. 06 62 54 11 02 E-mail : famille chez bayeuxlisieux.catholique.fr