Tom, le toutou de Thérèse

Son fidèle compagnon de jeux

NicheTomBuissonnetsR130Thérèse aime les animaux, la nature comme aujourd’hui en témoigne aux visiteurs, le jardin des Buissonnets. Elle élève des oiseaux dans sa chambre et dans un coin du jardin, des poules et des lapins.

TomRecR150L’année de sa première communion, Thérèse demande à son père de lui acheter un chien. Tom, un bel épagneul, arrive aux Buissonnets le 26 juin 1884, date que Thérèse note avec soin sur son petit carnet.

Thérèse est si contente que le premier jour elle s’installe sur une chaise, en face de sa niche. Tantôt elle contemple tantôt elle apprend devant lui ses leçons. Pour sûr, Thérèse passe des heures à le dresser et à le promener.

Un jour, Thérèse le sauve d’une maladie : « Ma chère petite Léonie, (…) je me rappelle très bien l’histoire de Tom, je le vois encore couché mourant dans la buanderie et Thérèse lui donnant du bifteck en sauce par bouchées cachant un peu de pain sous la viande comme on ferait à un enfant malade. Je n’avais pas pensé à regarder ce fait comme extraordinaire c’est pourtant vrai que c’est elle qui l’a échappé de la mort. » Lettre de Soeur Geneviève de la Sainte Face, 24 octobre 1911

Tom fait désormais partie intégrante du décor aux Buissonnets et du cadre de vie familial si bien que Thérèse écrit le 15 octobre 1885 à son père : « Voilà déjà trois semaines que tu nous as quittées. Trois c’est bien long pour ta petite fille quand elle est séparée de toi.(…) Nous désirons toutes que tu reviennes le plus tôt possible, je suis sûre que Tom est de mon avis car il s’ennuie de ton absence et je suis sûre qu’à ton arrivée il se prépare à remuer de la queue à la manière du chien de Tobie et à te fêter avec des bonds joyeux.(…) »

A son entrée au Carmel, Thérèse raconte : « Le matin de ce grand jour, après avoir jeté un dernier regard sur les Buissonnets, ce nid de mon enfance… » Sans doute, Tom a dû faire partie de ce dernier regard de Thérèse qui lui aura certainement prodigué une dernière fois toute sa tendresse.

L’album photos témoigne du bonheur paisible de Tom au sein de la famille.

TomenFamille copier

Après l’entrée de Thérèse au Carmel, le chien est amené une fois au parloir du Carmel, où il bondit sur la grille pour essayer de rejoindre sa petite maîtresse.

Enfin, il y a cet épisode en octobre 1889, où l’on raconte qu’au moment du transfert des meubles des Buissonnets au Carmel en vue de la résiliation toute proche du bail, Tom qui suit le convoi, reconnaît sa maîtresse et court jusqu’à elle pour se blottir sous son voile, ne contenant plus sa joie. Alors un flot de souvenirs envahit le cœur de Thérèse et des larmes brillent dans ses yeux tant son émotion est grande !

D’ailleurs, elle n’est pas la seule… Soeur Marie du Sacré-Cœur fait également part de sa vive émotion dans une lettre à Céline en octobre 1889 : « Ma petite Céline, C’est sans doute pour ta fête que le bon Dieu te fait dépeupler ainsi les Buissonnets… (…) O petite chérie, quand j’ai vu ce déménagement, c’est vieux restes des Buissonnets qui me rappelaient mille souvenirs et le pauvre Tom suivant derrière les voitures, je n’ai pu m’empêcher de pleurer.(…) » Tom Céline copier

Personne ne sait ce qu’est devenu Tom… Combien de temps est-il resté chez les Guérin, après la mort de Monsieur Martin et l’entrée de Céline au Carmel, le 14 septembre 1894.

Toujours est-il que la fidélité attachante de Tom ou de tout chien envers son maître, en fait indéniablement une belle création du bon Dieu !

Laurence Fafchamps
Je dédie cet article à Monseigneur Guy Gaucher, à toutes les Soeurs Oblates que j’ai connues aux Buissonnets, ainsi qu’aux Pères Missionnaires de la Plaine de cette même époque.