Thérèse carmélite

Son itinéraire spirituel et sa place au cœur de l’Église, sa voie, sa « science d’amour » et son doctorat, sa présence universelle à son enracinement carmélitain. Une vérité souvent oubliée ou ignorée, voire même édulcorée dans la très abondante littérature thérèsienne.

Sous la direction de Dominique Poirot

Son itinéraire spirituel et sa place au cœur de l’Eglise, sa voie, sa « science d’amour » et son doctorat, sa présence universelle et son rayonnement missionnaire, Thérèse de l’Enfant-Jésus les doit essentiellement à son enracinement carmélitain. Une vérité souvent oubliée ou ignorée, voire même édulcorée dans la très abondante littérature thérèsienne.

Le Carmel, c’est l’un de ses premiers grands désirs conscients : « …j’ai désiré me faire religieuse dès l’éveil de ma raison et j’ai désiré le Carmel aussitôt que je l’ai connu parce dans cet ordre je trouvais que toutes les aspirations de mon âme seraient remplies ». Thérèse le choisit « uniquement pour répondre à l’appel de Jésus » qui l’y a « transplantée » après l’avoir libérée de ses illusions. Elle s’y précipite « pour Jésus seul » afin d’y vivre le charisme de Thérèse d’Avila : « Je suis venue pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres ». Elle s’y identifie au Crucifié. Elle y sera envahie par la « science d’amour » après avoir altéré la soif d’amour de Jésus. Elle y enfantera les âmes. Elle s’y offrira en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux. Elle y réalisera son offrande sacerdotale en mourant, au cœur de l’Eglise, dans une passion identique à celle de Jésus. Le carmel sera son « arche sainte », son « berceau…sa délicieuse oasis », son havre de paix et de bonheur durable, où les austérités elles-mêmes sont délicieuses et où tout se revêt de dimension théologale. Elle y grandit dans l’amour de Dieu et, en Lui, elle approfondit son amour du prochain.

Oui, Thérèse est une carmélite prophète. Elle vit à fond le Carmel. Et le charisme du Carmel devient avec Thérèse une prophétie. Au Carmel, Thérèse est prophète. Elle est très tôt choisie par l’Ordre comme maîtresse de vie spirituelle : carmes et carmélites lui confient leurs noviciats dans tous les pays du monde. Elle remplira les noviciats mais veillera surtout à la formation des novices. Parmi ses disciples, l’on compte des saints, des vénérables, des serviteurs de Dieu, de grands écrivains et d’éminents responsables. Sa « petite voie » est reçue comme la voie authentique du Carmel. Je n’en veux pour exemple que sainte Thérèse Bénédicte de la croix (Edith Stein) qui admire la vie d’amour de Thérèse. Chercheuse de la vérité, elle découvre aussi à son école l’amour comme la seule vérité.

Carmélite prophète, Thérèse est universelle. Elle universalise le Carmel car, pour la jeune carmélite comme pour sa Madre, « le zèle d’une carmélite doit embraser le monde ».

Les éditions du Cerf - 365 pages - 40 €