revue T.d.L n°986 - Avril 2017 édito « Le Christ est mon amour… »

Père Olivier Ruffray130 « Le Christ est mon amour… »

C’est le temps de Pâques qui est choisi pour l’entrée de la jeune Thérèse Martin au Carmel de Lisieux, le lundi 9 avril 1888 au lendemain du deuxième dimanche de Pâques.

En 2000, le Pape saint Jean-Paul II choisit ce même deuxième dimanche de Pâques pour être dans l’Eglise universelle, le dimanche de la Miséricorde. Sainte Thérèse, en 1927, encouragera lors d’un songe, la jeune novice Faustina Kowalska en proie au doute, à persévérer sur le chemin de la Miséricorde divine dont elle deviendra l’apôtre pour notre temps.

Thérèse est entrée au Carmel pour l’amour de Jésus. Jésus est le tout de sa vie parce que Jésus est vivant, il est ressuscité d’entre les morts et sa résurrection change la vie de celui ou de celle qui l’accueille dans sa propre vie.

Sainte Thérèse emploie très peu l’expression même de « résurrection  ». Mais elle vit pleinement du mystère de Pâques. Jésus est vivant. Il est son unique amour qui la plonge au cœur de l’amour trinitaire. « Le Christ est mon Amour, il est toute ma vie » (PN 26). Ainsi commence la poésie « Les répons de Ste Agnès » qu’elle offre à Mère Agnès pour sa fête le 21 janvier 1896, en même temps qu’elle lui remet le premier de ses manuscrits autobiographiques (Ms A).

Quelques semaines plus tard, après la nuit du Jeudi au Vendredi Saint 2 avril 1896 où elle connaît les premières hémoptysies, Thérèse entre dans l’épreuve de la foi : « Aux jours si joyeux du temps pascal, Jésus m’a fait sentir qu’il y a véritablement des âmes qui n’ont pas la foi, qui par l’abus des grâces perdent ce précieux trésor, source des seules joies pures et véritables. Il permit que mon âme fut envahie des plus épaisses ténèbres et que la pensée du Ciel si douce pour moi ne soit plus qu’un sujet de combat et de tourment… » (Ms C, 5v°).

Cette épreuve l’aura saisie au creux du Triduum pascal, elle la tiendra jusqu’en sa pâque, au soir de sa vie. Mais jusqu’au bout, Thérèse vivra cette épreuve dans la lumière du mystère pascal de la mort et de la résurrection de Celui qui est son unique amour.

Après la nuit du 8 avril 1897, soeur Thérèse de Saint-Augustin raconte son rêve où Thérèse est préparée pour le Ciel tandis qu’une voix s’exclame : « Il faut qu’elle soit très belle ! » Sainte Thérèse parle plutôt d’un songe qui lui fait du bien et confie : « Vous n’avez vu que du rouge dans cette porte si sombre, c’est-à-dire que tout a disparu pour moi et qu’il ne me reste plus que l’amour. »

En vraie fille du Carmel, la parole de sainte Thérèse se laisse entendre comme en écho à celle de saint Jean de la Croix : « Désormais je n’ai plus qu’un office/ Mon seul exercice est d’aimer. »

Joyeuses Pâques !

Père Olivier Ruffray,
Recteur du Sanctuaire
Directeur du Pèlerinage

Retrouvez le sommaire de la revue de ce mois-ci en suivant le lien ci-dessous Abonnez-vous à la revue N° 986 du mois de avril 2017