Samedi 10 juin 2017

Spectacle sur sainte Élisabeth de la Trinité

Adapté du livre de Didier Decoin « ELISABETH CATEZ ou L’OBSESSION DE DIEU

Le sanctuaire de Lisieux accueille la Pièce de Théâtre

« IL ETAIT UNE FOI : ELISABETH CATEZ ». Interprétée par la Compagnie ARGILE THEATRE En coproduction avec la Compagnie ECOUTE MON AMI

Spectacle

Ce spectacle est l’adaptation pour le théâtre du très beau livre de Didier Decoin sur Elisabeth de la Trinité : « ELISABETH CATEZ ou L’OBSESSION DE DIEU », paru aux Editions du Cerf en 2003. Adaptation, mise en scène et direction d’acteurs : Dominique Davin Interprétation : Sandrine Chauveau et Marine Huet. Sur scène, il s’agit de représenter une évocation à la fois réaliste et très symbolique de la vie d’Elisabeth, de sa naissance (et même un peu avant) au camp militaire d’Avor en 1880 à sa mort au Carmel de Dijon en 1906. Une comédienne et une clownesse vont vous guider dans ce voyage humain et spirituel qui vous amènera tout doucement jusqu’aux frontières mouvantes et indescriptibles entre le visible et l’invisible, l’émotion et le sourire, le concret et l’impalpable, le destin et la grâce. Tout cela vécu avec la présence suggérée sur scène de tous les « personnages » qui ont été marquants pour Elisabeth et qui furent des pierres blanches sur son chemin vers la Vie. Mais, vous demanderez-vous certainement, que vient faire une clownesse dans cet univers de sainteté ? Peut-être tout simplement nous rappeler que le mot spirituel a deux sens : « Qui est de la nature de l’esprit, considéré comme une réalité distincte de la matière » et « Qui manifeste du piquant, qui amuse, fait rire ». Et donc, que ce n’est pas par hasard qu’un même mot désigne ces deux définitions ; mais surtout, cette présence clownesque nous dit qu’Elisabeth Catez est bien porteuse de ces deux aspects, et que cela devrait nous ouvrir à toute la richesse de son message et de son témoignage. Notre monde en a un urgent besoin. La femme, la clownesse. Deux faces d’une même pièce (c’est le cas de le dire). Deux mélodies différentes dans une même harmonie. Deux visages pour une unique figure de sainteté. Un contraste saisissant pour une personnalité haute en couleur.

  • Samedi 10 juin 2017
  • à 20h30
  • A l’Ermitage Sainte-Thérèse, 23 rue du Carmel à Lisieux
  • Participation Libre

Élisabeth de Dijon et Thérèse de Lisieux

ste Elisabeth copyright200Une même époque, une même vocation religieuse, Thérèse Martin et Élisabeth de Dijon sont à la fois bien proches et bien différentes. Chacune reflète de manière personnelle et unique la grâce reçue de Dieu. Toutes deux demeurent des exemples car elles se sont laissées transformer par Dieu, elles se sont livrées à « son action créatrice » (Note Intime 15).

Lectrice d’Histoire d’une âme

Par une lecture attentive du Journal d’Élisabeth, le père Conrad De Meester montre par l’emploi de l’expression « Milles folies  » qui se trouve à la page 82 de la première édition d’Histoire d’une âme, qu’il est plus que vraisemblable qu’Élisabeth découvre ce livre en avril 1898. Elle a dix-neuf ans et désire ardemment entrer au Carmel. Nous ne savons pas si l’ouvrage lui a été offert ou si elle l’a acheté, mais le carmel de Dijon en était un ardent diffuseur et plusieurs exemplaires étaient proposés à la vente. Ses carnets de jeune fille portent d’ailleurs la trace de sa lecture car elle y recopie quatre textes de Thérèse : L’offrande à l’Amour Miséricordieux (Pri 6) et trois poèmes Dirupisti, Domine, vincula mea ! [Vous avez rompu mes liens, Seigneur] (PN 21), La volière de l’Enfant Jésus (PN 43) et Jésus seul (PN 36). Plus tardivement, elle copiera d’autres extraits : le billet que Thérèse portait sur son cœur le jour de sa profession, le récit de son entrée au Carmel, celui de sa première communion – moment si important également pour Élisabeth –, la découverte de la prière pour les prêtres, la réflexion de Thérèse sur la beauté des paysages suisses, et quelques brèves pensées.

Sœur Thérèse, une amie

La lecture de Thérèse encourage Élisabeth sur son propre chemin. Elle reprend des expressions thérésiennes, surtout dans son Journal, mais en fait, elle ne se met pas à l’école de Thérèse. Elle a déjà été enseignée et formée par le « Bien-Aimé de l’Eucharistie » (Poésie 47) ; elle est à l’écoute comme elle le proclame dans sa prière : « Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous  » (Note Intime 15). Elle a déjà creusé son propre sillon et puise dans la lecture de Thérèse ce qui l’aide à l’approfondir. Elle recopie ce qui la rejoint en profondeur et la dynamise dans sa propre course. Thérèse devient ainsi une amie, une sœur du Carmel dans le mystère de la communion des saints si cher à Élisabeth.

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Demandez l’intercession de sœur Thérèse

Dans une très belle lettre à Madame Angles, Élisabeth résume la mission de Thérèse et invite sa correspondance à demander son intercession : "Courage donc, Madame et chère sœur, je vous confie tout particulièrement à une petite carmélite morte à vingt-deux ans en odeur de sainteté qui se nommait Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle disait avant de mourir qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre ; sa grâce est de dilater les âmes, de les lancer sur les flots de l’amour, de la confiance, de l’abandon ; elle disait qu’elle avait trouvé le bonheur quand elle avait commencé à s’oublier. Voulez-vous l’invoquer chaque jour avec moi afin qu’elle vous obtienne cette science qui fait les saints, et qui donne à l’âme tant de paix et de bonheur !" (L 249). Élisabeth elle-même demandera une grâce à Thérèse et sera exaucée. Elle raconte à sa maman : « j’ai prié sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, non pas de me guérir mais de me donner des jambes, et j’ai pu marcher. Si tu me voyais comme une bonne vieille courbée sur mon bâton, tu rirais bien » (L 295).

Sœur Thérèse déjà « sainte »

Dans la correspondance d’Élisabeth, nous voyons poindre la réputation de sainteté de Thérèse. Elle écrit à son amie Germaine de Gemeaux : « Je vous recommande à tous nos saints, et tout particulièrement à notre sainte Mère Thérèse et à sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus  » (L 172). Elle précise un peu plus tard : « C’est si bon d’être le petit enfant du bon Dieu, de se laisser porter par Lui tout le temps, de se reposer en son Amour ! Demandons bien cette grâce de simplicité et d’abandon à sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ; le noviciat se prépare à sa fête du 30 par une neuvaine ; si vous voulez vous y unir, nous disons le Magnificat, selon le désir qu’elle avait elle-même exprimé à une Sœur d’un de nos Carmels ; je vous donne une grande intention en cette neuvaine » (L 179). Thérèse, Élisabeth, deux jeunes filles, deux carmélites, deux cœurs remplis d’amour pour le Christ Jésus, deux âmes désireuses de la Sainteté, elles se complètent merveilleusement pour nous entraîner « au sein des Trois » (L 304) en nous apprenant à « aimer Jésus et à le faire aimer » (LT 201).

Par Frère Didier-Marie Golay, Carme Déchaux Lisieux

Texte intégral publié dans la revue Thérèse de Lisieux n°974 de mars 2016

Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906) a été canonisée le 16 octobre 2016 par le Pape François