« L’affaire Pranzini »

par le Père Sylvain Lamerand, chapelain au Sanctuaire
Pranzini
Pranzini

Un triple meurtre est commis à Paris, le 17 mars 1887. Régine de Montille, 40 ans, sa femme de chambre Annette Grémeret, 38 ans, et la fille de cette dernière, Marie, âgée de 12 ans ont été égorgées, la plus jeune des victimes étant presque décapitée ! Le 21 mars, Henri Pranzini est arrêté. Cet aventurier français cultivé, âgé de 30 ans, à la vie mouvementée, est reconnu coupable de ce crime crapuleux, et condamné à la peine capitale. Tout le monde, bien sûr, entend parler de « cette affaire » d’autant plus que l’accusé ne manifeste aucun remords et proclame son innocence.

Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini
Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini

Thérèse, comme tout le monde, pense à ce « grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles ». Depuis la nuit de Noël 1886, Jésus a transformé sa vie : elle a alors senti « la charité entrer dans son cœur ». Elle comprend de plus en plus sa mission : se tenir « en esprit au pied de la Croix », y recueillir la Divine rosée du sang de Jésus pour « ensuite la répandre sur les âmes ».

Henri Pranzini sera le premier bénéficiaire de cette vocation missionnaire naissante… Car Thérèse a conscience de l’extrême danger où se trouve ce pauvre pécheur pour qui Jésus est mort, et qui risque bientôt d’être à jamais privé de la vie avec Dieu : « je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer ».

Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle
Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle

Pour cela, elle emploie « tous les moyens imaginables », et fait célébrer la Messe pour lui. Sa confiance est absolue : « je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation ».

Jésus « qui a soif d’amour » accorde le signe demandé : contre toute attente, juste avant d’être guillotiné, Henri demande à l’aumônier de lui tendre le crucifix qu’il embrasse trois fois. Thérèse lisant le récit dans le journal du 1er septembre, exulte de joie et de reconnaissance ! Henri sera son « premier enfant »…

A chaque messe, nous prions « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Thérèse, apprends-nous, comme toi, à aimer Jésus et à le faire aimer.