Pourquoi demander des messes ?

Par le P. Loys de Saint-Chamas, du Sanctuaire Notre-Dame de Fourvière, Lyon

Offrir une messe à une intention particulière est un acte simple, d’une grande portée et d’une grande justesse.

Dieu donne la vie, mais les hommes ont du mal à le reconnaître

Aucun instant, aucun aspect de notre existence ne se passe loin de Dieu. Cette réalité peut être oubliée ou au contraire valorisée. L’action de Dieu à notre égard depuis la création vise à nous faire recevoir dans une alliance comblante la vie qu’il nous dispense avec une surabondante largesse, jusqu’à nous attirer dans le mouvement de vie de la Trinité. Mais notre cœur de pierre peine à s’ouvrir à ce don.

Offrir une messe, c’est se tourner vers Dieu parce qu’Il donne la vie.

Lorsque Jésus, qui est Dieu né de Dieu envoyé dans le monde, demande le pardon pour ceux qui l’ont conduit à la mort, il “accomplit l’œuvre que le Père lui a donnée à faire” et porte à sa perfection la révélation de l’Amour avec lequel Dieu donne la vie aux hommes. Ceux qui tournent vers lui leur cœur reconnaissent la vérité de sa parole : “Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance”.
Dans le même acte, Jésus porte son existence humaine à la perfection par son obéissance au Père jusqu’à la mort. Ne s’accrochant pas à sa vie, il se remet entièrement à Dieu son Père “qui pouvait le sauver de la mort”.
En faisant cela, il porte à leur accomplissement toutes les offrandes et tous les sacrifices par lesquels les païens et les hébreux s’efforçaient, en renonçant à une part de leur pouvoir sur leur vie, de s’attirer un don de vie de la part de Dieu. À partir de Jésus, les hommes peuvent se reposer en Dieu qui n’a rien d’autre à leur donner que sa Vie.

Offrir une messe, c’est accueillir la vie et le sacrifice de Jésus comme l’accomplissement de toutes les tentatives des hommes d’entrer en communion avec Dieu.

Par l’Eucharistie, nous accueillons de Dieu la vie

“Faites ceci en mémoire de moi”, dit Jésus à ses disciples. Il désignait ainsi tout ce qu’il était en train de faire ce soir où il allait être livré. Lui, que le Père a envoyé pour nous, venait de laver leurs pieds et de leur ouvrir les profondeurs de son cœur, les appelant “mes amis”. Le pain qu’il leur donne à manger “après le repas”, alimente toutes les faims de l’homme, et c’est lui-même, avec son corps. Le Fils de Dieu se donne pour que nous vivions.

Offrir une messe, c’est “faire ceci en mémoire de Lui”.

L’Eucharistie est une nourriture complète

Dans la célébration de l’Eucharistie, nous nous plaçons dans la juste position devant Dieu et mettons dès le commencement notre foi en œuvre. Nous écoutons la Parole de Dieu proclamée et reçue dans un acte de foi. Cette parole nous fait savoir ce que Dieu aime et comment il voit le monde. Elle nous instruit et oriente notre prière et nos projets. Par la force de la présence et de l’action du Christ, nous sommes touchés, transformés, animés pour agir d’une façon de plus en plus harmonieuse avec Lui. Notre communion avec Lui et avec nos frères, membres de son corps, grandit. Nous devenons capables d’aimer tous les hommes “avec Lui” et “comme Il les aime”.

Offrir une messe, c’est se laisser former par le Christ pour Lui ressembler.

L’Eucharistie est une œuvre de l’Église où chacun agit à sa place

Autel de la crypte de la Basilique
Donnée par le Christ à son Église comme le Sacrement par excellence, la célébration de l’Eucharistie met en œuvre le corps du Christ dans son harmonie. Tous les baptisés y ont libre accès auprès de Dieu qu’ils prient comme : “Notre Père”. Ils l’ont “par Jésus-Christ”, que le Père a envoyé et qui a lui-même envoyé ses apôtres et leurs successeurs, les évêques, dont les prêtres sont les coopérateurs.
Lorsqu’un fidèle “offre une messe”, il prend sa place dans la célébration en y apportant un engagement fort qui reconnaît aussi la place du prêtre qui rend présent l’envoi du Fils.

Offrir une messe, c’est prendre sa place dans l’Église en rapport à celle des autres de façon équilibrée et juste.

extrait de la revue « Thérèse de Lisieux » - N° 889 - juin 2008