Le Pape François et sainte Thérèse

« Il ne faut pas avoir peur de dépendre uniquement de la tendresse de Dieu, comme l’a fait sainte Thérèse de Lisieux. »

Quiconque a eu l’occasion d’approcher et d’établir un lien d’amitié avec le Cardinal Jorge Mario Bergoglio sait qu’il avait l’habitude d’ajouter à son courrier, aussi court soit-il, … une image de la sainte carmélite, Thérèse de Lisieux. Il voulait ainsi souligner son choix personnel, plein de signification, du lien spirituel qui les unissait.

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Nous avons vu, en ce début de pontificat, le Pape François offrir à la Présidente argentine Cristina Kirchner une rose blanche, en signe de la « Petite Thérèse » qu’il prie tout spécialement.

Mais pourquoi et d’où lui vient cette prédilection pour Thérèse de Lisieux ?

Je me l’étais justement demandé à Aparecida en 2007. J’avais alors rencontré brièvement le Cardinal Bergoglio devant le sanctuaire marial brésilien entre une réunion et une autre de la Commission préparatoire du document final…

Il me dit alors : « Il ne faut pas avoir peur de dépendre uniquement de la tendresse de Dieu, comme l’a fait Thérèse de Lisieux qui, pour cette raison, est une fille bien-aimée de la Vierge Marie et une grande sainte missionnaire ».

C’était percevoir l’Eglise et sa mission sur la route de la « petite voie » donnée par la maîtresse de l’Enfance spirituelle, voie sur laquelle le Pape François est en train de commencer son Pontificat.

J’avais su un peu plus tard que lorsqu’il venait à Rome, entre une affaire et une autre, le Père allait prier devant une statue de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dans une petite église à Borgo, près du Tibre, tenue par des franciscains.

A Buenos-Aires aussi, sa vénération envers la Patronne des missions était bien connue de ses prêtres, et elle s’était diffusée en particulier dans les « villas miserias » de la capitale argentine.

Mais venons-en maintenant aux roses. Le Père Bergoglio était retourné à Rome à la fin de l’année 2007 pour le Consistoire. Et avec lui, était réapparue également la figure de la petite Thérèse : « Quand j’ai un problème - nous dit-il - je le lui confie. Je ne lui demande pas de le résoudre, mais de le prendre en main et de m’aider ; presque toujours, je reçois comme signe une rose ».

Il raconta qu’une fois, ayant à prendre une décision importante à propos d’une question difficile, il remit tout entre ses mains. Quelques temps après, sur le seuil de la sacristie, une femme inconnue lui avait remis trois roses blanches.

Il expliqua que ce fut un jésuite, le P. Putigan, qui en 1925 répandit cette prière d’intercession. Il récita alors un passage de la prière : « Petite fleur de Jésus, demande à Dieu de m’accorder la grâce que je remets avec confiance entre tes mains. »

Dans sa façon de parler, on sentait une pudeur unie à une grande simplicité, une sincère confiance, si bien que moi aussi, je me sentis poussée à l’imiter. Dans une circonstance particulière, suivant son exemple, j’avais donc invoqué la Sainte, mais à ma grande déception, je ne reçus aucune rose. A la première occasion, je lui dis par téléphone : « Mon Père, vous vous souvenez de l’histoire des roses… Eh bien ! rien… aucune rose n’est arrivée pour moi. Bien sûr, cela ne m’étonne pas, je comprends… ces choses n’arrivent qu’à ceux qui ont déjà atteint un certain niveau comme vous, ceux qui sont »en règle« ; on ne peut pas dire que je sois un modèle de vertu… ». Silence… Puis d’une voix tout à fait tranquille, il reprit : « Cela signifie qu’elle te répondra en t’accordant une grâce plus grande que celle que tu lui as demandée… ». Et il en fut réellement ainsi.

par Stefania Falasca, extrait de l’Avvenire