Le Monastère du Grand-Saint-Bernard et Louis Martin

« Ici, le Christ est adoré et nourri »
Voilà la phrase qu’on lit en franchissant la porte de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard et que le Bienheureux Louis Martin, alors âgé de 20 ans franchit pour la première fois le 14 septembre 1843.

Le Monastère du Grand-Saint-Bernard au temps de Louis Martin

Le Monastère du Grand-Saint-Bernard vers 1843
Le Monastère du Grand-Saint-Bernard vers 1843

Au Grand-Saint-Bernard, les bâtiments et la spiritualité sont les mêmes aujourd’hui que du temps de Louis Martin ; l’accueil du prochain est la vocation première du Grand-Saint-Bernard. A l’hospice, chacun est reçu, quelle que soit sa religion, selon la devise de la Congrégation.

En 1843 et 1845 lorsque Louis Martin est venu à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, les chanoines avaient aussi pour vocation et mission de secourir les voyageurs franchissant les Alpes. Offrant l’asile sans rien demander en retour, les chanoines vont même au-devant de la souffrance. Qu’une tempête survienne, les voilà qui partent, de jour comme de nuit, à la recherche d’éventuels passants en détresse, afin de les guider vers la maison protectrice.

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Le désir de vocation de Louis Martin

Concernant la vocation de Louis Martin de devenir religieux dans cet ordre, on peut dire qu’en visitant pour la première fois en septembre 1843 le célèbre site monastique, Louis fait une démarche de pèlerin, cette vie de prière et de charité de ces religieux qui risquent leur vie pour secourir les personnes perdues en haute montagne le fascine.

Registre du Monastère en date du 14 septembre 1843
Registre du Monastère en date du 14 septembre 1843

D’ailleurs deux ans plus tard, au seuil de l’automne 1845, Louis Martin retourne à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard pour demander à entrer dans cette congrégation des chanoines de Saint-Augustin.

Signaure de Louis Martin au 14 septembre 1843
Signaure de Louis Martin au 14 septembre 1843

Mais ne sachant pas le latin, Louis Martin n’est pas accepté au postulat. Le prieur l’invite à retourner chez lui afin de se mettre à l’étudier. Pendant plus d’une année Louis prendra des cours particuliers, mais la maladie vient interrompre ses efforts. Louis voit un signe de la Providence et renonce, le cœur lourd, à la vie monastique.

Le Monastère du Grand-Saint-Bernard aujourd’hui

L’Hospice du Grand-Saint-Bernard et sa devise sont les mêmes, aujourd’hui et lors de sa fondation en 1050 par Saint Bernard de Menthon. Le geste de saint Bernard demeure un signe de bonté et de justesse sur le chemin des hommes.

Le Monastère du Grand-Saint-Bernard aujourd'hui
Le Monastère du Grand-Saint-Bernard aujourd’hui

A la différence des passants d’hier, qui redoutaient le périple, ceux d’aujourd’hui choisissent délibérément de rejoindre le col.

Eté comme hiver, affluent les voyageurs, randonneurs, pèlerins venus se ressourcer, ou touristes désireux de découvrir un haut lieu du patrimoine spirituel de l’humanité.

Sur les photos ci-dessous, le chœur de l’église du Monastère du Grand-Saint-Bernard que Louis Martin a connu et le réfectoire où il signa le livre des voyageurs en 1843.

Chapelle et réfectoire, Monastère du Grand-Saint-Bernard
Chapelle et réfectoire, Monastère du Grand-Saint-Bernard

Dans un témoignage, Céline dit à propos de son papa et de l’hospice :

« J’ai toujours pensé que dans ses désirs de vie religieuse, son choix du Grand-Saint-Bernard pour vivre dans les hauteurs, loin du tumulte des villes, n’était pas étranger à son attrait du risque pour courir au secours des voyageurs en détresse dans les glaciers. »

Thérèse au Monastère du Grand-Saint-Bernard

Au cours de leur parcours en Suisse l’été dernier, les Reliques de Sainte Thérèse se sont arrêtées au Monastère du Grand-Saint-Bernard, en hommage à Louis Martin.

Le Chanoine Raphäel avec le reliquaire de Saint Bernard de Menthon et le Chanoine Jean-Pierre Voutaz tenant le livre des voyageurs comportant la signature de Louis Martin, aux côtés du reliquaire de Thérèse

Sur la photo, le Chanoine Raphäel avec le reliquaire de Saint Bernard de Menthon et le Chanoine Jean-Pierre Voutaz tenant le livre des voyageurs comportant la signature de Louis Martin, aux côtés du reliquaire de Thérèse.

Nous remercions Paulo Martins, l’organisateur du voyage des reliques de Thérèse en Suisse, pour sa collaboration.