Le Jésus de Thérèse

Dans un escalier donnant sur le cloître du carmel de l’Incarnation, soeur Thérèse de Jésus, plus connue sous le nom de Thérèse d’Avila, tombe nez à nez avec un enfant qui lui demande :

« Comment t’appelles-tu ?
Je suis Thérèse de Jésus, répond la sainte toute surprise.
Et moi, reprend l’enfant avec un grand sourire, je suis Jésus de Thérèse. »

Dans l’héritage que la réformatrice du carmel laissa à ses filles, il y eut donc, entre autres, une dévotion particulière à l’Enfant Jésus.

Enfant Jesus cloitre Carmel de LisieuxQuatre siècles plus tard, une petite fille de dix ans rêve du carmel, et d’y porter le nom de « Thérèse de l’Enfant-Jésus ». La contemplation de l’enfance du Christ est au cœur de la spiritualité thérésienne : Thérèse y découvre l’amour infini de Dieu pour elle (« Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime !… car Il n’est qu’amour et miséricorde ! » LT266) mais également le modèle de sa petite voie, appelée aussi « voie de l’enfance spirituelle ».

Comment Thérèse se représentait-elle cet Enfant Jésus qu’elle ne cessait de contempler ? Bien souvent, sans doute, sous les traits de la statue dont vous découvrez ici la photo.

Cloître Carmel de LisieuxCette statue se trouvait à son époque, et siège d’ailleurs toujours, dans le cloître du carmel de Lisieux, près de l’entrée de la clôture. Elle accueillit donc Thérèse le jour de son entrée au monastère, mais aussi, nous raconte-t-elle, le jour de sa prise d’habit : « La première chose que j’aperçus sous le cloître, fut « mon petit Jésus rose » me souriant au milieu des fleurs et des lumières » (MsA,72v). Si Thérèse use du possessif, c’est qu’elle était chargée de le fleurir et de l’entretenir.

On la découvre ainsi au détour d’une photo de communauté en train de repeindre ce petit Christ pour lequel elle avait une affection particulière. Régulièrement, Thérèse lui apportait des fleurs, allumait à ses pieds des bougies. A travers ces petits actes, elle accomplissait ce qu’elle ne cesse de nous recommander : « L’unique chose nécessaire C’est de t’aimer, Enfant Divin. » (PN42) CtéClRécréation