« Je pensais que j’étais née pour la gloire, et le bon Dieu me fit comprendre que ma gloire à moi ne paraîtrait pas aux yeux des mortels, qu’elle consisterait à devenir une grande Sainte !!! »

La lettre d’information octobre 2014

Thérèse, Manuscrit A, 32, 13

Père RuffrayR120

Editorial

Chers amis,

A la demande du Vatican, en ce mois d’octobre, les reliques de sainte Thérèse et des bienheureux Louis et Zélie Martin sont présentes à Rome pendant toute la durée du Synode des évêques qui réfléchissent, parlent et agissent concrètement en faveur de la Famille.

Que sont nos familles d’aujourd’hui ?.. Que vivent-elles ?..Comment aimer dans nos familles ?.. Comment porter l’Evangile au cœur de nos familles ?.. Autant de questions que les Pères du Synode évoquent certainement pour aider toute l’Eglise et notre humanité à se ressaisir et à avancer. Autant de questions qui appellent une réponse de vie qu’illustre la vie de la famille Martin.

Par la simplicité et la vérité de leur vie, dans la foi qui les anime, les bienheureux Louis et Zélie Martin nous convient à l’essentiel sur les rivages de l’amour où se révèle le cœur de Dieu.

Cet amour-là des parents de Thérèse, reçu par leur petite fille devenue « la plus grande sainte des temps moderne » selon l’expression du Pape Pie X, nous apprend à aimer à notre tour, sans retour.

Bonne fête avec sainte Thérèse !

Père Olivier Ruffray, recteur du Sanctuaire de Lisieux

Les Fêtes de sainte Thérèse

FThReliqThBasilR150Du monde entier des groupes et des familles font des milliers de kilomètres (France, Irlande, Canada, Pays Bas…) pour venir fêter Thérèse.

Nous vous recommandons les conférences du Colloque « La joie de l’Evangile ».

Venez écouter les enseignements de Stéphanie et Renaud Sassi, dans le cadre du Pèlerinage de la Famille du Carmel.

  • samedi 4 octobre, 14h30, Chapelle du Carmel

Sur le thème « En famille, bâtir sa maison sur le roc de l’intériorité », seront développés l’engagement d’une vie de prière silencieuse, la fécondité de cette fidélité pour le couple et la famille, l’enracinement dans un cœur à cœur avec Jésus, lieu de salut pour la traversée des épreuves.

Adorer Dieu en Vérité, accueillir notre faiblesse et être sauvé par l’Amour Miséricordieux de Jésus.

  • dimanche 5 octobre, 9h15, Centre Jean-Paul II face à la Basilique

« En famille : dans ce monde moderne, à quelle forme de sainteté sommes-nous appelés ? »

Les intervenants vont aborder les questions de la recherche d’unité de vie, entre travail, famille, éducation, transmission de la foi, présence au monde ; l’inculturation du charisme carmélitain : « être dans le monde sans être du monde ». La recherche d’un alignement corps-cœur-esprit, que chaque partie de nous vive avec ce Dieu Vivant : travailler sur notre humanité blessée, pour laisser la force du Seigneur habiter notre faiblesse.

Pour vous tous, et en particulier ceux qui ne peuvent pas se déplacer, nous vous partageons quelques photos qui relatent les moments forts des fêtes.

Week-end fiancés

Fiancés ou non, vous vous préparez au mariage… Vous y pensez peut-être, tout simplement… Dans votre cheminement, vous avez envie ou besoin d’une « pause à deux »… Avez-vous pensé à Lisieux ?…

Avec Thérèse, la sainte de l’Amour, et le couple de ses Bienheureux parents, Louis et Zélie Martin, vivez un temps de réflexion et de prière, de détente et d’amitié. Le Sanctuaire de Lisieux vous propose un week-end pour cela, du samedi 15 novembre (accueil à 9h30) au dimanche 16 (fin à 15h).

Au programme :

  • enseignements donnés par les Pères Olivier Ruffray et Sylvain Lamerand
  • visite des Buissonnets
  • échanges avec deux couples mariés
  • moments de partage à deux, prière

Thérèse et ses parents vous attendent. Auprès de leurs reliques, venez leur confier votre amour et votre chemin !

Pour les inscriptions

Retraite « Eucharistie et Esprit Saint chez Thérèse »

  • par le Père Patrick Lemoine, chapelain
  • du dimanche 16 au samedi 22 novembre 2014
  • renseignements et réservation : Centre Spirituel de l’Ermitage Sainte Thérèse 02 31 48 55 10 - ermitage-ste-therese chez therese-de-lisieux.com

Zoom sur… In memoriam Monseigneur Guy Gaucher (par le Père Philippe Hugelé, ocd)

bi 010R200Notre frère Guy Gaucher considérait les 16 années passées dans la communauté d’Orléans La Source comme les plus belles de sa vie de carme. Il y travaillait chaque après-midi dans une librairie ! L’homme de lettres qu’il était y puisait aussi d’innombrables anecdotes qu’il aimait à raconter avec humour et tendresse. Les livres, Guy les aimait, et nous, nous aimons à lire les siens écrits dans un style alerte, direct, toujours compréhensible.

En voici quelques-uns dont nous vous recommandons la lecture :

GGToutEstGraceR120« Tout est grâce » - Retraite avec Georges Bernanos dans la lumière de sainte Thérèse de Lisieux. Cerf 2009.
C’est Georges Bernanos qui a fait découvrir Thérèse au jeune Guy Gaucher. Le grand théologien Hans Urs von Balthasar affirmait que « Sainte Thérèse est partout présente dans l’œuvre de Bernanos ». cette phrase a « orienté la vie » de Mgr Guy Gaucher.

GGLaPassionR120La passion de Thérèse de Lisieux. Cerf. 1972 (Constamment réédité).
C’est le fruit de l’incroyable aventure humaine et spirituelle qu’a été la préparation de l’édition critique des Derniers Entretiens de Thérèse. Cet ouvrage est peut-être aussi une sorte de « prophétie » des grandes épreuves, de la « passion » vécue par Mgr Gaucher.

GG SainteTHdeLisieuxR120Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897). Biographie. Cerf 2010.

La Nouvelle Edition du centenaire en huit volumes a livré une masse de documents qui permettent à « l’évêque de Thérèse » d’écrire cette « grande » vie de la sainte. A lire et relire par tous les « thérésiens ».


Le lecteur pressé pourra relire la première biographie écrite par Guy Gaucher : « Histoire d’une vie. Thérèse Martin ».

Nous aimons aussi à vous offrir, comme le testament de notre ami, quelques extraits des Simples notes personnelles 2000-2005

PA192394 corrigéeR200« Tout passe. Dieu seul suffit. » On dit qu’il meurt cent personnes par minute, alors…

La mort de quelqu’un dérange toujours l’agenda de ceux qui restent. Cela les contraint à trouver quelques instants pour les obsèques, à changer des rendez-vous, ou, à l’extrême rigueur, à se déplacer plus lointainement. Dès la fin de l’absoute, après un pot, chacun repart très vite à ses tâches. Normal.

Un testament peut être fait de belles phrases édifiantes, sans doute très sincères mais qui sentent un peu la langue de buis. Je souhaite être ni original, ni trop long. Simplement moi-même, s’il est possible. Je voudrais m’essayer à une parole vraie - la dernière -. Combien de fois, au début d’une conférence, ai-je du rectifier la présentation (aimable) qu’on faisait de moi parce que très approximative. Dire qu’on est le mieux placé pour le faire soi-même n’est pas exact non plus. Seul le Seigneur peut nous « présenter »… devant Lui. C’est le cas aujourd’hui pour l’ultime « présentation ». Qui suis-je ? Seul, Il le sait. « Mon juge, c’est le Seigneur ».

Quitter cette terre provoque une formidable rupture. (…)

Là où il n’y aura pas de rupture c’est, en ce qui me concerne, le fond de mon être. Ce sera un passage par une porte étroite, une pâque, une naissance. Car je verrai ce que je crois aujourd’hui (trop mal) et ce sera indicible. De la foi à la vision. Enfin, le dévoilement de ce qui était caché, non la lumière éphémère de la Transfiguration mais la possibilité de planter définitivement sa tente au sommet de la montagne avec Moïse, Elie, Pierre, Jacques, Jean et une foule immense qu’on ne peut dénombrer.

La Révélation, ce à quoi j’ai consacré mon existence ou plutôt Celui à qui j’ai donné ma vie, dès 17-18 ans, et qui m’a conduit sur la route du sacerdoce, de la consécration carmélitaine, de l’épiscopat « pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. » Cette consécration n’étant qu’une réponse à un appel premier et originel.(…)

La vie doit traverser tant de déceptions – venant de soi-même, des autres – que, pour ne pas sombrer dans l’aigreur, l’amertume et le désespoir, il faut une faculté d’admiration qui vient de plus loin que nous.

Parmi les Saints et Saintes survient ici celle qui a tenu tant de place dans ma vie. L’image médiatique de Thérèse avait bien de quoi repousser à vingt ans. Mais elle s’est peu à peu introduite dans ma vie, grâce à l’ami Bernanos, et n’a fait que s’y installer au cours des ans, de l’édition critique de ses œuvres (à partir de 1969) jusqu’au Doctorat.

Ce 19 octobre 1997, Dimanche des Missions (onzième anniversaire de mon épiscopat), j’ai éprouvé que ma vie avait atteint son but, celui qu’on m’avait fixé, quasi à mon insu. (…)

Je dois d’abord à Thérèse ce réalisme sans faille devant la faiblesse humaine, le péché, les blessures, les murs et les nuits qui balaient toute naïveté, toute générosité narcissique et s’affronte sérieusement à l’inouï des abaissements du Verbe Incarné vers « sa pauvre petite créature. »

Je peux dire que Thérèse m’a beaucoup appris de la vérité de l’Evangile, le rendant vivable, possible, parce que tout vient de Dieu, en bref parce que « Tout est grâce », d’où, en conséquence, l’action de grâces permanente. (…)

Jésus… Tout converge vers Lui : la terre et toutes ses richesses que je quitte, l’immense Histoire des hommes. Jésus ressuscité, Alpha et Omega, tu es la « Porte ». Cette vie laissée prépare celle qui vient, la tienne, celle du Père et de l’Esprit-Saint, la Vie éternelle que tu nous a promise.

Combien de fois ai-je cité « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » de Thérèse (LT 244). Je devrai bientôt redire cette phrase de lumière « pour de vrai », tout autrement et plus difficilement.

Une amie m’a souvent redit, lorsque nous évoquions les indicibles joies à venir : « Le meilleur est devant nous ».

Que ce départ soit bénéfique à tous ceux et toutes celles que je laisse (provisoirement). Ce sera la meilleure manière de leur demander pardon pour mes offenses, volontaires ou non, et pour les remercier d’avoir été ce qu’ils sont (je ne cite aucun nom, il y en a beaucoup).

A Dieu ! Priez pour moi. Nous allons tous vers les retrouvailles éternelles, préparées par l’Amour miséricordieux trinitaire.