« Le plus beau chef-d’oeuvre du coeur de Dieu, c’est le coeur d’une mère. Je sens combien est vraie cette parole et je remercie le Seigneur de m’en avoir fait faire la douce expérience. »

La lettre d’information mai 2014

Thérèse, Lettre 138, 31

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Editorial

« Un soir du beau mois de Mai… »

Et si comme Thérèse aux Buissonnets, nous faisions nous aussi notre « Mois de Marie » à la maison ou entre voisins et amis ?.. Thérèse écrit : « Etant trop petite pour aller au mois de Marie je restais avec Victoire et faisais avec elle mes dévotions devant mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon… » (M. A 15v).

Mettre une statue de la Vierge Marie en bonne place. La prier. Lui offrir des fleurs pour traduire notre cœur de fils et de filles bien-aimés et l’aimer en retour. Ouvrir devant Marie, la Parole de Dieu comme Parole de vie. Disposer la croix de Jésus son Fils qui nous sauve du péché et de la mort. Avec Marie, prier Jésus et nous recevoir de Lui. Par Lui, nous laisser établir sur le cœur du Père dans l’Esprit Saint !..

Cette année encore, célébrer avec la Vierge Marie, le 130e anniversaire de la première communion de Thérèse. C’était le 08 mai 1884 en l’Abbaye Notre-Dame du Pré, à Saint-Désir de Lisieux.

Père Olivier Ruffray, recteur du Sanctuaire de Lisieux

Dans le cadre du 100e anniversaire du début de la grande guerre : exposition « Thérèse dans la tourmente de la guerre 14-18 »

Thérèse de Lisieux a tenu une place privilégiée dans le cœur des soldats des tranchées, tant français qu’allemands.

Dans l’horreur du carnage, la petite carmélite de Lisieux, morte à 24 ans, a été une sœur, une confidente et une protectrice pour les Poilus. Entre 1914 et 1918, le cimetière de Lisieux devient un lieu de pèlerinage très fréquenté et le carmel croule sous les courriers que les carmélites ont publiés sous le nom de Pluies de roses (7 volumes !).

Au moment de la Première Guerre mondiale, « Histoire d’une âme » a été traduite en 10 langues et on en est à 16 rééditions. Les Carmélites ont aussi publié une version abrégée de « Histoire d’une âme » intitulée : La rose effeuillé.

A cette époque, Thérèse est seulement « servante de Dieu », elle n’a pas encore de titre officiel. Le bouche à oreille fonctionne bien : on dit qu’en venant sur sa tombe, Thérèse exauce toutes les demandes. Les soldats viennent sur la tombe de Thérèse. Ils sont de régiments différents, dans l’enclos des carmélites. Ils ont planté des piquets pour que les pèlerins puissent y agrafer leurs intentions de prière, leurs photos et leurs remerciements aussi. Certains déposent leur drapeau. Pendant toute la guerre, le tombeau de Thérèse devient : « la boite aux lettres du paradis ».

Peu importe pour les poilus que Thérèse ne soit pas encore sainte. Son procès en béatification est ouvert en 1910. Il sera transmis à Rome en 1917…

Vitrail Chapelle du Carmel : Thérèse relevant un soldat
Vitrail Chapelle du Carmel : Thérèse relevant un soldat

Thérèse leur parle de Dieu et surtout elle leur parle de l’essentiel : Thérèse leur parle de l’amour. L’amour pour leurs proches, l’amour pour leur famille, leurs parents… Et l’amour aussi pour Dieu. Pour eux Thérèse est la fois la soeur, la mère, la confidente et la protectrice. Elle est auprès d’eux. D’ailleurs, les poilus lui donnent tout plein de petits noms : « la petite soeur des tranchées », « la petite soeur dans les tourmentes ».

Retrouvez l’histoire de Thérèse, amie des poilus, au cœur de la Grande Guerre dans les numéros de février et de mars 2014 de la revue du sanctuaire Thérèse de Lisieux.

Du 1er mai au 11 novembre 2014, le Sanctuaire de Lisieux présentera une exposition inédite, à l’église Saint-Jacques.

« Le père Louis Yon sous les bombardements de Lisieux juin 1944 avec les sœurs de sainte Thérèse »

Le Père Yon est heureux d’évoquer aujourd’hui ses souvenirs de guerre dans le cadre du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944.

Nous proposons que son témoignage se fasse au fil de cette lettre et de la suivante.

Qui est le père Louis Yon ?

Père Yon Petit Clerc de Sainte Thérèse
Père Yon Petit Clerc de Sainte Thérèse

Oui, je peux dire que je suis lexovien. Je suis arrivé à Lisieux en 1942. Je garde une image de cette date relatant mon entrée chez les Petits Clercs de Sainte Thérèse.

Le 9 juillet 1949, je quittais Lisieux pour entrer au Grand Séminaire de Bayeux. Ordonné prêtre le 29 juin 1955, je suis nommé vicaire à Falaise.

En juin 1961, Monseigneur Durand, mon ancien professeur et supérieur à Frémont, devenu Recteur de la Basilique de Lisieux, me confiait la journée des enfants au Congrès National Marial qui se tenait à Lisieux. 13000 enfants venus de Normandie, de l’Ile de France… Sur ordre de notre évêque, Monseigneur André Jacquemin, je faisais ovationner par ces milliers d’enfants : « Vive le Pape… Vive Jean XXIII… vive son légat… » C’était grandiose.

Quasiment, tous les ans, je prenais l’initiative de rassemblements d’enfants à Lisieux, dans le cadre des Cœurs-Vaillants et Ames-Vaillantes, du Mouvement Eucharistique des Jeunes et autres activités de jeunes.

Le 1er septembre 1994, j’étais nommé chapelain du pèlerinage de Lisieux, en charge des jeunes jusqu’en l’an 2000. Depuis, je suis tout simplement chapelain accueillant les pèlerins du monde entier.

Avec les sœurs de Sainte Thérèse…

Les petits clercs avaient pour mission d’assurer le service liturgique à la Basilique et au Carmel.

Le Carmel vu des Petits Clercs
Le Carmel vu des Petits Clercs

Au Carmel, nous avions interdiction de regarder du côté des Carmélites ; mais nous risquions souvent un œil pour apercevoir la Mère Prieure : Mère Agnès (Pauline Martin) qui occupait la première stalle à gauche. Sœur Geneviève, Céline Martin était plus difficile à repérer !

Les Petits Clercs étaient les « chouchous » des sœurs Carmélites. C’était la guerre, les restrictions, on peut affirmer nous n’avons jamais souffert de la faim, grâce à nos Sœurs Carmélites.

Pas question pour les Lexoviens et les Augerons de laisser mourir de faim les sœurs de la « plus grande Sainte des temps modernes », selon la formule consacrée alors ! On apportait au Carmel : pain, viande, beurre, lait, sucre… à la barbe de l’occupant ! et aussi des tickets de pain, etc.

Evidemment, les Carmélites partageaient avec les plus nécessiteux, dont les Petits Clercs. Nous appelions quelquefois Mère Agnès, avec reconnaissance, notre « nounou » ! Les Carmélites nous manifestaient beaucoup d’affection, je peux le dire.

Session d’Etudes Thérésiennes 2014

  • du dimanche 6 juillet 2014 (19h) au samedi 19 juillet 2014 (9h)
  • au Centre spirituel de l’Ermitage

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Thème : la correspondance de Thérèse

Le 19e siècle a été gratifié comme « l’âge d’or » de la correspondance.

Sur le site des Archives du Carmel de Lisieux, vous pouvez lire 1802 lettres échangées du vivant de Thérèse entre ses proches jusqu’en 1897 ! Les deux tomes de la Correspondance générale comportent 854 lettres et billets et comptent 1448 pages dans la deuxième édition revue et corrigée de 1992. Les Lettres de Thérèse (LT) sont au nombre de deux cent soixante-six, du 4 avril 1877 au 24 août 1897.

L’âme de Thérèse affleure dans chacune de ses lettres, à travers la simplicité et la monotonie d’une vie quotidienne. Dans la Correspondance, « Thérèse communique sa sagesse et développe un enseignement qui constitue de fait une pratique profonde de la direction spirituelle des âmes » (Jean-Paul II, Divini Amoris scientia).

Enseignants : Claude Langlois. Chrystelle Claude . Fanny Brulhart. Marie-Dominique Fouqueray. Philippe Hugelé, OCD. François-Marie Léthel, OCD. Marc Fortin, OCD. Anthony-Joseph Pinelli OCD. Guillaume Dehorter OCD. Camille Bessette, OCD

Ce cours s’adresse : à toutes les personnes désireuses d’approfondir leur connaissance du jeune Docteur de l’Eglise. Les participants s’engagent à être présents pour les deux semaines de cours et de travaux dirigés. Ils sont invités à présenter un travail personnel de recherche.

Inscription : par écrit auprès du directeur (adresse ci-dessous postale ou email) avec une lette de motivation. Elle est ferme après l’acceptation du directeur.

Les participants qui ne sont pas hébergés à l’Ermitage en pension complète paient leurs repas selon les tarifs de l’Ermitage. Il est demandé à tous de participer au repas de midi qui est de 12 euros.

Toute demande concernant cette activité est à adresser au :

Père Philippe Hugelé
directeur de l’Institut d’Etudes Thérésiennes
Frères Carmes
42 rue Docteur Lesigne
14100 Lisieux
Courriel : etudes-theresiennes chez carmes-paris.org
Tél. : 02 31 48 66 43

Zoom sur… 130e anniversaire de la première Communion de Thérèse à l’Abbaye Notre-Dame du Pré

« Ah ! qu’il fut doux, le premier baiser de Jésus à mon âme !… »

C’est dans la chapelle des bénédictines de l’Abbaye Notre-Dame du Pré à Lisieux que Thérèse Martin fit sa première Communion, le 8 mai 1884.

Chapelle des Bénédictines à Lisieux
Chapelle des Bénédictines à Lisieux

Ce « beau jour entre les jours » fut précédé d’une fervente préparation de 68 jours pendant lesquels Thérèse s’est efforcée par tous les moyens de faire plaisir à Jésus – prémices de ce qu’elle appellera plus tard « sa petite voie ».

Du 5 au 8 mai, Thérèse est devenue « grande pensionnaire » à l’Abbaye pour suivre la retraite prêchée par Monsieur l’Abbé Domin, qu’elle écoutait avec grande attention.

Abbé Domin et dortoir de l'abbaye
Abbé Domin et dortoir de l’abbaye

A l’heure du goûter [le jour-même], Thérèse et ses compagnes se rendent au réfectoire. Sœur Henriette raconte : « Une petite me dit : ‘Si vous saviez, ma Sœur, ce que Thérèse a demandé au Bon Dieu pendant son action de grâces… de mourir, ma Sœur ! Comme on aurait peur !…’ Mais Thérèse les regardait comme avec pitié, sans rien dire. Moi, prenant la parole, je leur dis : ‘Vous n’avez pas compris, Thérèse, bien sûr, a demandé comme sa Sainte Patronne, à mourir d’Amour.’ Alors elle s’approcha de moi et, me regardant dans les yeux : ‘Vous, ma Sœur, vous comprenez, mais, elles…’ ». (Extrait de « Thérèse, élève à l’Abbaye, la nuit de la conversion Noël 1886 », par Anne-Marie Roué, osb)

Sur un carnet, préparé par Pauline (Mère Agnès), elle nota trois résolutions (avec quelques fautes d’orthographe) : «  Je ne me découragerai pas ; Je dirai tous les jours un « Souvenez-vous » à la Sainte Vierge ; Je tâcherai d’humilité mon orgueil ».

Robe de communion de Thérèse (Buissonnets)
Robe de communion de Thérèse (Buissonnets)

Puis, ce fut le grand jour que Thérèse vécut comme une « fusion d’amour » avec Jésus, volonté d’union par laquelle elle entra véritablement dans sa vocation d’amour.

Portraits de Thérèse à sa 1re communion
Portraits de Thérèse à sa 1re communion

Par les bénédictines, Abbaye Notre-Dame du Pré : http://abbayevalmont.free.fr