La famille Martin et la Visitation du Mans (partie I)

Les religieuses de la Visitation sont des contemplatives qui restent proches du monde extérieur. Leurs statuts déposés à Rome par les fondateurs de cette congrégation, Jeanne de Chantal et François de Sales, sont acceptés en 1612.

Vingt-deux ans plus tard, le 22 juillet 1634, un monastère est fondé au Mans, sur le site de l’actuelle place de la République. A la Révolution, il est réquisitionné. En 1792, il devient tribunal révolutionnaire et prison d’Etat. A leur retour sur le site en 1820, les Visitandines s’installent rue des Champs Garreaux (actuellement, rue Albert Maignan).

C’est dans ce monastère que Marie-Louise Guérin, la sœur de Zélie Martin, est entrée sous le nom de Sœur Marie-Dosithée.

Marie Martin, pensionnaire
Marie Martin, pensionnaire
Pauline Martin, pensionnaire
Pauline Martin, pensionnaire

Au début d’octobre 1868, Louis Martin se décide de mettre en pension ses deux aînées, Marie et Pauline, alors âgées de huit ans et demi et sept ans. Il entend en cela alléger le labeur de son épouse dont la santé ne cesse pas de l’inquiéter. Il veut aussi profiter de la présence de sa belle-sœur pour assurer à ses petites le bienfait d’une éducation particulièrement soignée.

Une institution d’enseignement jouxtait la Visitation du Mans fréquentée par des élèves de la haute société. Marie et Pauline doivent à l’intervention de leur tante d’y prendre rang.

Soeur Marie-Dosithée, visitandine au Mans
Soeur Marie-Dosithée, visitandine au Mans

Zélie vient régulièrement s’entretenir avec sa sœur. Le parloir du Mans devient le hâvre d’intimité et de confidence où chercher réconfort et appui. Dans une lettre qu’elle écrit à son frère et sa belle-sœur en janvier 1869, Zélie s’inquiète des soucis de santé de sa sœur et témoigne de son attachement à celle-ci : « Je vois cela avec la plus grande peine. Je perdrai tout en la perdant, elle m’est bien chère et bien utile à mes enfants. J’ai le cœur tout triste en y pensant. Quand il me faudra retourner à la Visitation lorsqu’elle n’y sera plus, le courage me manquera. »