La Vierge du Sourire

Sourire de la Vierge en 1883« belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau  »
C’est ainsi que Thérèse décrit la statue de la sainte Vierge en mai 1884. Elle est posée sur une commode, près du lit où la petite fille de 11 ans souffre depuis des semaines d’une « étrange maladie » : « Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge ». Alors toutes mes peines s’évanouirent. » Ms A 30v

Et voilà comment cette statue reçut le nom de Vierge du Sourire.

Avant cet épisode raconté par Thérèse, cette statue avait déjà toute une histoire…

Procession de la Vierge du SourireParis, 1734. Le curé de St-Sulpice commande à un jeune sculpteur prometteur, Bouchardon, des statues pour son église, dont une Vierge en argent. Les paroissiens donnent leur argenterie, le prêtre, dit-on, n’accepte les dîners qu’à condition de partir avec les couverts… d’où ce surnom de Notre-Dame de Vieille-Vaisselle donné à la statue. Fondue sous la Révolution avide du précieux métal, elle est remplacée en 1832 par une reproduction plus petite, dont notre « Vierge du Sourire » est une copie en plâtre.

Elle fut offerte au jeune Louis Martin par une vieille dame d’Alençon fort pieuse et confiante de trouver en lui une personne digne d’accueillir un tel présent. Célibataire, Louis la place dans son Pavillon où il se retire pour lire et prier. Après son mariage, la statue devient le centre de la prière familiale. On l’entoure de fleurs pendant le mois de Marie. Souvent Zélie se tourne vers la Sainte Vierge et confie avoir reçu « des faveurs que moi seule connais  ». Aux Buissonnets, la statue conserve une place prépondérante.

La statue « entre au Carmel » apportée par Céline en 1894. Elle est placée à l’entrée de la cellule de Thérèse. On lit en première page de l’Histoire d’une Âme : «  Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie, je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. »

La Vierge du SourireC’est encore sous les yeux de Marie, sous les traits de cette même statue, que Thérèse vivra ses dernières semaines, à l’infirmerie du carmel.

Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor… Mère… voici le soir !…

poésie 54 , Pourquoi je t’aime ô Marie

VSourChasseR230La statue se trouve aujourd’hui au Carmel, au dessus du tombeau de Thérèse.