L’abbé Ducellier

Né le 14 novembre 1849 à Chicheboville (diocèse de Bayeux), il fut ordonné prêtre en 1874.

PhAbbéDucellierToujours disponible pour les besoins du ministère, il eut un apostolat très mouvementé ; partout il se fit remarquer par son entier dévouement à l’Église et aux âmes.

Il exerça le saint ministère d’abord à titre de vicaire à Saint Gervais de Falaise (1874-1877).

PhCathédraleR150Vicaire à Saint-Pierre de Lisieux de 1877 à 1884, il était un ami de la famille Martin et eut l’honneur d’entendre la première confession de Thérèse Martin à peine âgée de sept ans ; il fut son confesseur jusqu’à son entrée à l’Abbaye des bénédictines comme demi-pensionnaire. Thérèse avait pour lui une affection spéciale.

PhConfessionnalR130Dans « l’Histoire d’une âme », Thérèse raconte avoir reçu la visite de son confesseur à qui elle venait de se confesser pour la première fois, peu de temps auparavant. Elle était fière d’accueillir aux Buissonnets son confesseur qui regarda ses devoirs.

Pauline, sa mère chérie, l’avait préparée avec soin à sa confession, lui expliquant que ce n’était pas à un homme qu’elle allait dire ses péchés, mais au Bon Dieu. C’est donc avec un grand esprit de foi qu’elle fit sa confession et garda un doux souvenir de ce moment de joie. Elle ne manqua pas de le raconter dans les écrits sur son enfance : «  …Je fis ma confession comme une grande fille et je reçus sa bénédiction avec une grande dévotion, car vous m’aviez dit qu’à ce moment les larmes du petit Jésus allaient purifier mon âme. (…) Jamais je n’avais senti autant de joie dans mon âme.  »

L’abbé Ducellier prêcha à la prise d’habit de Pauline, sa fille spirituelle, comme aussi, plus tard, à la prise d’habit et à la prise de voile de Céline.

En 1884, il fut curé de Mathieu (dans la banlieue de Caen). Puis, curé-doyen de Trévières dès 1892. Il était resté en relation avec la famille Martin. Et le 30 juillet 1897, Thérèse pensait à lui avec délicatesse : « Ne dites pas à monsieur Ducellier que je n’en ai plus que pour quelques jours ; je ne suis pas encore faible à mourir, …  » (DE 30.7.13).

En 1899, il revint à Lisieux où il fut archiprêtre de Saint-Pierre.

Il mourut le 20 décembre 1916, à la fin de l’année au cours de laquelle il avait pu témoigner aux deux Procès thérésiens.

3 mai 1911 - Voici quelques extraits :

« Quand j’étais vicaire de Saint Pierre de Lisieux (1877-1884), j’eus l’occasion de connaître la famille de la Servante de Dieu ; mais, à vrai dire, je ne connus guère que son père, monsieur Martin, et ses deux soeurs aînées, mesdemoiselles Marie et Pauline, dont j’étais le confesseur. La Servante de Dieu à mon arrivée n’avait que quatre ans et demi, et elle avait 11 ans quand je quittai Lisieux. Lorsqu’elle eut sept ans, je l’entendis à sa première confession. Après, elle devint pensionnaire à l’Abbaye des bénédictines à Lisieux. Depuis que je suis revenu à Saint Pierre de Lisieux comme curé archiprêtre (1899), j’ai pu observer ce que l’on dit dans la ville, touchant la Servante de Dieu. J’ai lu en partie l’« Histoire d’une âme », mais je n’en ferai pas état dans ma déposition. »

« J’ai bien connu monsieur Martin : c’était, par excellence, un homme de foi, très loyal et aux sentiments élevés. Il me l’a bien montré en particulier à l’occasion de l’entrée de ses filles en religion. Certainement il souffrait de ces séparations, et pourtant il paraissait joyeux. »

« La première éducation de la Servante de Dieu a été surtout faite par sa seconde soeur, Pauline. Au point de vue religieux, cette éducation a été aussi parfaite qu’elle peut l’être. Cette enfant était très aimée de son père et de ses soeurs, mais je suis persuadé que cette affection ne nuisait en rien à sa formation. C’est à cette époque (1880) que j’entendis la première confession de la Servante de Dieu, alors âgée de sept ans. Je la voyais aussi avec toute sa famille chaque dimanche aux offices de la paroisse. J’ai gardé l’impression que la petite Thérèse était une âme très pure. très pieuse, craignant grandement d’offenser le bon Dieu dans les moindres choses. »

« Outre les témoignages très nombreux reçus chaque jour au Carmel et dont on tient note dans le monastère, je puis attester par mes observations personnelles que la réputation de sainteté de la Servante de Dieu s’est établie, d’une manière générale, parmi les fidèles de ma paroisse et de la ville. Dans toutes les classes de la société on se recommande à elle, pour obtenir par son intercession des grâces temporelles et spirituelles. »

« J’ai une vraie dévotion pour la Servante de Dieu, je l’invoque tous les jours ; je désire et j’espère sa béatification, parce que je suis convaincu de sa sainteté et de la puissance de son intercession. »

7 février 1916

Sa déposition est bien pauvre. Ce prêtre vénérable rapporte, comme déjà au Procès Ordinaire, la première confession de Thérèse. Son témoignage relatif à la famille Martin, dont il était l’ami intime, a une grande valeur : « Je puis dire de cette famille, ce qui d’ailleurs est notoire dans cette ville, que c’était une famille admirablement chrétienne et qui faisait l’édification de tout le monde »

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux