Louis et Zélie Martin une vie exemplaire

Qu’est-ce qu’être vénérable ?

Une personne décédée, en ayant une réputation de sainteté, sera dite vénérable lorsque « l’héroïcité des vertus » de la personne a été reconnue par l’Église catholique. Ce « décret d’héroïcité des vertus » est rendu à la suite de l’enquête diocésaine (officiellement déclarée achevée et transmise à Rome à la suite des recherches historiques publiées dans une « Positio ») et après étude par la Congrégation pour les causes des saints.

« L’héroïcité des vertus » désigne les efforts réalisés par la personne en vue de devenir meilleure, d’accueillir la grâce de Dieu, de pratiquer la charité, de se conformer à l’évangile et d’être fidèle à l’Église. Ce critère est bien plus important que les faits extraordinaires, voire miraculeux, réalisés au cours de la vie du chrétien dont la cause est introduite.

Au moins un miracle sera nécessaire pour continuer la procédure jusqu’à la béatification.

Pour Louis et Zélie Martin :

Le 26 mars 1994, Jean-Paul II proclamait les vertus héroïques de Louis Martin et Zélie Guérin et les déclarait Vénérables.

Ceci finalisait la première étape de leur procès en vue de leur canonisation. Par cette déclaration, les défunts Louis Martin et Zélie Guérin étaient reconnus dignes de recevoir une vénération locale.

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Comment en sont-ils arrivés là ?

L’histoire nous le raconte…

Le 10 octobre 1894, après la mort de Louis Martin, sur l’initiative de son beau-frère Isidore Guérin, les restes mortels de Zélie Guérin furent transférés du cimetière d’Alençon à celui de Lisieux.

Dès la publication de l’ « Histoire d’une âme » en 1898, Louis et Zélie Martin furent indirectement connus, étant dans l’ombre de la petite sainte Thérèse. Nul doute que leur sainteté a guidé, éduqué et modelé les premiers pas de leur plus jeune fille dans sa vie chrétienne.

Si bien qu’au cours du procès de canonisation de Thérèse, les Papes Pie X le 10 juin 1914, Benoît XV le 14 août 1921, Pie XI le 29 avril 1923 et le 17 mai 1925, à tour de rôle, rendirent publiquement hommage au climat familial des époux Martin, source de sainteté pour leurs filles, en particulier pour Thérèse.

A la canonisation de Thérèse en 1925, le Cardinal Antonio Vico qui présidait à Lisieux les fêtes solennelles en l’honneur de sainte Thérèse, s’exclama : « Eh bien ! maintenant, il faut demander à Rome de s’occuper du papa ! »

Suivit la publication des lettres de Zélie Martin en 1941, de l’Histoire d’une famille en 1946 et des souvenirs filiaux de Céline sur son père et sa mère. Ces publications contribuèrent à accroître la notoriété mondiale des époux Martin et à développer une dévotion à leur égard, si bien que se multiplièrent les demandes d’ouverture d’un procès de béatification.

Ce qui ne tarda pas à arriver… Le 22 mars 1957, ouverture du procès informatif de Louis Martin dans le diocèse de Bayeux-Lisieux ; le 10 octobre 1957, ouverture de celui de Zélie Martin dans le diocèse de Sées.

Dans le cadre de la clôture de ces deux procès, le 13 octobre 1958 on procèda au transfert des restes de Louis et Zélie Martin depuis le cimetière de Lisieux jusqu’aux deux tombes distinctes à l’arrière de la Basilique.

En 1971, pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, à la demande du Pape Paul VI, les deux causes de Louis et Zélie Martin ont alors été réunies en vue d’une procédure unique qui, depuis la béatification du 13 juillet 2008, a suivi son cours jusqu’à la canonisation.