Honfleur… et les Martin

par le Père Olivier Ruffray, ancien curé de la paroisse Notre-Dame de l’Estuaire , à Honfleur

Honfleur compte parmi les « lieux thérésiens » comme Mgr Gaucher aime à appeler les lieux que Thérèse Martin a fréquentés de son vivant. Pour qui est en villégiature à Trouville-sur-Mer, Honfleur fait partie des promenades obligées. Nul doute que Thérèse soit venue en famille se promener ici, soit en voiture à cheval, soit par bateau, profitant de l’escale honfleuraise entre Trouville et Le Havre…

ImagThHonfleurEn juillet 1887, Thérèse accompagnée de son père et de ses sœurs Léonie et Céline, vient demander à Notre-Dame de Grâce, en sa chapelle qui domine l’Estuaire de la Seine, la faveur d’entrer au Carmel. Là même où les demoiselles Gosselin dès 1835 demandent à Notre-Dame, la grâce de fonder le carmel de Lisieux !

A la Pentecôte 1887, quelques semaines plus tôt, elle a révélé à son père son désir de devenir religieuse. Le 31 octobre de la même année, elle rencontre Mgr Hugonin, l’évêque de Bayeux puis le dimanche 20 novembre, le Pape Léon XIII à Rome. Finalement, Thérèse entrera au Carmel de Lisieux le 9 avril 1888, à l’âge de quinze ans et trois mois. Notre-Dame de Grâce l’aura exaucée…

Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur
Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur

Le 31 octobre 1888, alors qu’il veut saluer au Havre le Père Pichon qui prend le bateau pour le Canada, Louis Martin, dans sa maladie psychique, fait une nouvelle crise à Honfleur. De cette ville, Céline écrit sa détresse et livre sa tristesse à ses sœurs carmélites devant une telle situation affligeante : « Oh que papa me fait pitié ! Je vois qu’il souffre beaucoup. Sa pauvre figure est aujourd’hui d’une pâleur mortelle ». Dans sa douleur, Céline trouve refuge et consolation auprès de Notre-Dame de Grâce. Céline notera à la fin de sa vie : « Honfleur, Le Havre, étapes bien douloureuses ! Papa très malade… » (Cf étude P. Pascal Marie à partir de P. Piat, « Céline, sœur et témoin de Ste Thérèse » et CMG Carnets Manuscrits de Sœur Geneviève IV).

Aujourd’hui, les honfleurais demeurent attachés à Sainte Thérèse. Sa statue et ses portraits ornent l’église Sainte-Catherine. Elle y est présente avec ses Bienheureux parents, Louis et Zélie. La dévotion honfleuraise garde en sa mémoire vive, le souvenir heureux du passage des reliques. Thérèse est de chez nous. « Elle est ma payse » comme l’écrit le poète Lucie Delarue-Mardrus au début du XXe siècle. PhVieuxPortHonfleurR500